« À l’intérieur, le peuple algérien est uni et mature. Mais à l’extérieur, certains tentent d’utiliser ce dossier pour nous déstabiliser ou pour exercer des pressions », précise Hanoune.
Le Parti des Travailleurs (PT) a tenu, hier, la dernière session annuelle de son Bureau politique. La secrétaire générale, Louisa Hanoune, a dressé un bilan qu’elle qualifie de positif, soulignant que les rencontres régionales ont révélé une dynamique d’adhésion remarquable. Elle a rappelé que la préparation des prochaines élections constitue désormais la priorité centrale du parti.
Dans son discours, la responsable du PT a insisté sur le fait que les prochaines échéances doivent être un moment de vérité politique. Elle a annoncé que la prochaine session du Conseil national, élargie aux responsables des wilayas, permettra de procéder à une évaluation approfondie de la situation nationale, tant sur le plan politique que socio-économique et géostratégique.
Sur le plan sécuritaire, Louisa Hanoune a mis en garde contre les agissements du MAK, Hanoune a affirmé que ce mouvement n’a « aucune base populaire », notamment en Kabylie où, selon elle, la population rejette massivement ce projet « instrumentalisé par des puissances étrangères ». Toutefois, elle a tenu à rassurer : « À l’intérieur, le peuple algérien est uni et mature. Mais à l’extérieur, certains tentent d’utiliser ce dossier pour nous déstabiliser ou pour exercer des pressions ».
L’ANEM, le maillon faible
Concernant la précarité professionnelle, elle a plaidé pour une refonte du Code du travail. Elle a rappelé l’existence de milliers de travailleurs contractuels, de fonctionnaires cumulant plusieurs décennies d’ancienneté sans intégration, d’enseignants poussés à la retraite de manière brutale, ainsi que de jeunes diplômés enfermés dans des dispositifs précaires. « Un pays comme le nôtre ne peut pas accepter que ses diplômés vivent dans le désespoir au point de rêver de la harga », a-t-elle martelé.
Si elle a salué l’augmentation du SNMG et de l’allocation chômage, elle a estimé que ces mesures restent insuffisantes face à l’érosion rapide du pouvoir d’achat. Selon elle, la solution passe nécessairement par l’indexation des salaires et des pensions sur les prix, ainsi que par une régulation des marchés plus rigoureuse. Elle a également critiqué la gestion de l’ANEM, réduite selon elle à un simple organisme de distribution de l’allocation chômage, au lieu de jouer pleinement son rôle d’outil de création d’emplois, notamment pour les jeunes diplômés.
Par ailleurs, Louisa Hanoune a mis en garde contre toute forme de privatisation, même indirecte, dans les secteurs stratégiques. « Nous avons déjà payé trop cher les privatisations du passé. Toute ouverture du capital, même masquée, mettra en péril notre souveraineté. Le pays n’a pas vocation à redevenir un terrain d’expérimentation néolibérale », a-t-elle averti.
Face aux attentes locales
S’agissant des nouvelles wilayas, rappelant que leur création a suscité beaucoup d’espoir dans les régions concernées. Toutefois, elle a précisé que ces attentes ne pourront être satisfaites que si les moyens financiers nécessaires sont effectivement mobilisés.
Sur le plan international, Louisa Hanoune a consacré une partie de son intervention à la situation en Palestine, qu’elle qualifie de tragédie historique. « Nous sommes face à un plan américano-sioniste qui vise l’anéantissement d’un peuple. C’est un génocide, et le monde entier le voit », a-t-elle déclaré. Elle a averti que les conséquences de cette agression dépassent largement la question palestinienne : « Ce qui se joue là-bas n’est pas seulement le sort de la Palestine. C’est l’avenir de toute la région, y compris le Maghreb ».
Islam K.
