Sauf changement de dernière minute, le tribunal de Bir Mourad Raïs accueillera aujourd’hui le procès de l’écrivain et chroniqueur Saâd Bouakba, poursuivi à la suite d’un différend l’opposant à la famille du défunt président Ahmed Ben Bella. L’intéressé doit comparaître devant le président de la section des flagrants délits pour répondre aux accusations retenues contre lui par le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs, situé à Saïd Hamdine.
Dans un communiqué transmis aux rédactions, le parquet a annoncé que Saâd Bouakba a été placé, jeudi 27 novembre, en détention provisoire pour «diffamation». Selon ce même communiqué, l’écrivain a été présenté ce même jour devant le procureur à la suite d’une plainte déposée par Mme Mahdia Ben Bella, fille de l’ancien chef de l’État. La plaignante reproche au journaliste d’avoir tenu, lors d’une émission diffusée sur la chaîne électronique Vision, des propos portant atteinte à la mémoire de son père. L’émission en question, intitulée «C’est ainsi que des chefs de la révolution de libération nationale se sont départagés l’argent du FLN, Saâd Bouakba choque l’opinion publique par des vérités inédites», est citée dans le communiqué officiel. Le parquet précise que, durant cette intervention, l’écrivain a affirmé que certains dirigeants de la révolution se seraient indûment approprié des biens avant de les transférer sur leurs comptes personnels.
Considérant ces propos comme de «fausses déclarations » portant atteinte à des symboles de l’État et de la révolution, le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête. Saâd Bouakba ainsi que le gérant de la chaîne ayant diffusé l’entretien ont été entendus par le procureur de la République. À l’issue des auditions, l’écrivain a été placé sous mandat de dépôt pour «diffamation» et «atteinte à des symboles de la révolution». Le gérant de la chaîne, quant à lui, a été remis en liberté.
R. H.
