Le membre de la Commission des affaires étrangères du Conseil de la nation et représentant de l’Algérie au Parlement africain, Mohamed Amroune, a livré, lors de son intervention hier, sur les ondes de la chaine une de la Radio nationale, une analyse dense et éclairante sur les grands enjeux diplomatiques du moment.
Entre repositionnement géopolitique, approfondissement des partenariats africains et rôle de l’Algérie dans la défense des causes continentales, le parlementaire a fait une lecture stratégique des équilibres qui se redessinent au sud de la Méditerranée.
Une diplomatie en pleine affirmation
L’orateur a rappelé que les mutations de l’ordre international imposent aux États africains de renforcer leurs capacités de coordination diplomatique. Il a souligné que l’Algérie, forte de son histoire, de sa constance et de sa crédibilité sur la scène internationale, constitue aujourd’hui un acteur central dans la défense des positions africaines, notamment sur les dossiers liés à la paix, à la sécurité et au développement durable.
Selon lui, les récentes initiatives diplomatiques prises par Alger -médiations, plaidoyers dans les organisations internationales, coordination avec les pays voisins- traduisent une volonté de consolider la stabilité régionale dans un contexte marqué par les crises multidimensionnelles.
L’intervenant a longuement insisté sur la place du continent dans les nouvelles rivalités mondiales. Il estime que l’Afrique ne peut plus être «un simple espace d’influence», mais doit devenir un acteur autonome, capable de défendre ses ressources, ses intérêts et sa souveraineté économique.
Pour lui, le Parlement africain constitue un outil clé dans cette dynamique : un espace où les États peuvent harmoniser leurs positions, élaborer une diplomatie parlementaire coordonnée et peser davantage dans les instances internationales. À ce titre, il a rappelé la nécessité d’une «voix africaine unifiée», notamment face aux défis sécuritaires, à la montée du protectionnisme mondial et aux enjeux énergétiques.
Une approche globale
Mohamed Amroune a présenté le Processus d’Oran, initié par l’Algérie en 2013, qui a évolué d’un événement annuel à une institution autonome intégrée aux mécanismes de l’Union africaine pour la paix et la sécurité depuis 2021. Il a souligné que cette initiative repose sur la continuité, la rigueur et la confiance des pays africains, et qu’elle permet de renforcer la coordination des États africains au Conseil de sécurité de l’ONU, offrant au continent une voix plus audible pour défendre ses intérêts.
Amroune a également évoqué les menaces régionales -terrorisme, instabilité politique, crises économiques et pressions migratoires- et insisté sur l’importance des initiatives conjointes, de la prévention des conflits et du développement intégré. L’Algérie, selon lui, privilégie les solutions politiques et le dialogue, soutenant ses voisins tout en renforçant sa sécurité nationale par la coopération et la vigilance.
Sur le plan économique, le professeur Amroune a salué les efforts visant à élargir les échanges intra-africains, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il estime que l’intégration économique est la clé pour sortir le continent de la dépendance extérieure et créer une dynamique de croissance autonome.
Il a également mis en avant les opportunités qu’offre la coopération Sud-Sud, particulièrement dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, du numérique et des infrastructures, où l’Algérie dispose d’atouts considérables.
En clôturant son intervention, le professeur Amroune a affirmé que l’Algérie continuera d’assumer ses responsabilités historiques et diplomatiques, notamment au sein du Parlement africain et des organisations régionales. Il a souligné que les transformations en cours constituent une opportunité unique pour bâtir une Afrique plus unie, plus souveraine et plus influente.
A.M.
