Une stratégie en cinq piliers pour des parlements plus forts, inclusifs et résilients, capables de peser sur les grands enjeux du siècle et de répondre aux attentes des peuples.
Par S. Méhalla
L’Union interparlementaire (UIP) engage pour 2022-2026 une stratégie ambitieuse qui vise à refonder la place des parlements dans un monde traversé par l’urgence climatique, l’érosion démocratique et la montée des inégalités. Au cœur du document, une conviction : les parlements ne peuvent plus évoluer en institutions isolées, mais au sein d’un écosystème politique élargi où interagissent exécutifs, partis, électeurs, experts, médias et société civile. C’est cette vision systémique qui structure les cinq objectifs stratégiques de l’UIP.
Le premier objectif consiste à renforcer les capacités des parlements pour améliorer leur efficacité, leur représentation et leur pouvoir de contrôle. L’UIP entend professionnaliser les institutions, consolider les outils législatifs, garantir l’accès à l’information et soutenir particulièrement les pays en transition ou en sortie de crise. Ce pilier place la qualité du travail parlementaire au cœur du progrès démocratique.
Le deuxième objectif vise à promouvoir des parlements inclusifs et véritablement représentatifs. L’enjeu est d’élargir la participation des femmes, des jeunes, des minorités et des groupes marginalisés, mais aussi de mieux comprendre les obstacles structurels qui limitent leur accès au politique. L’inclusion n’est plus considérée comme un simple principe moral, mais comme une condition fonctionnelle de la légitimité démocratique.
Le troisième pilier traite de la résilience et de l’innovation. La pandémie de la COVID-19 a révélé la fragilité des institutions mais aussi leur capacité à se réinventer. L’UIP veut aider les parlements à anticiper les crises, intégrer les technologies numériques, utiliser les données, et adopter des méthodes de travail plus agiles. L’innovation devient un impératif de survie politique.
Quatrième axe : renforcer l’action parlementaire collective. L’UIP assume son rôle de plateforme mondiale et veut favoriser la coopération entre parlements pour accompagner les réponses globales aux défis planétaires – climat, paix, sécurité, droits humains. Il s’agit de structurer une diplomatie parlementaire capable d’influencer les orientations internationales et de nourrir le multilatéralisme.
Enfin, le cinquième objectif porte sur la redevabilité. L’UIP veut instaurer une culture commune de transparence et de responsabilité, améliorer le suivi des engagements, mesurer les progrès et moderniser son propre fonctionnement, notamment sur la dimension environnementale et l’égalité femmes-hommes.
À travers ces cinq axes, l’UIP ambitionne de bâtir des écosystèmes parlementaires plus solides, plus inclusifs et mieux connectés aux attentes des citoyens. Une stratégie qui lie rénovation démocratique, gouvernance globale et transition vers un parlementarisme du XXIᵉ siècle : résilient, ouvert, interconnecté.
S. M.
