La Cour constitutionnelle prend part, depuis jeudi, à la 4eme rencontre juridique de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines (CJCA), qui se tient à Addis-Abeba du 27 au 30 novembre 2025. Une participation reflétant le retour de la diplomatie juridique algérienne aux devants de la scène, de l’influence sur le processus de construction de l’État et de l’État de droit sur le continent.
La délégation algérienne doit axer son intervention sur le thème « Du constitutionnalisme traditionnel au constitutionnalisme moderne : le modèle algérien». Une présentation ouvrant un large débat sur l’évolution de l’expérience constitutionnelle algérienne au cours de six décennies.
Les discussions de la conférence portent sur le thème « Constitutionnalisme et construction de l’État en Afrique », où les participants analysent le lien entre les cadres constitutionnels et l’enracinement de la gouvernance démocratique, ainsi que le rôle des instances juridictionnelles dans la protection des droits fondamentaux et la garantie des transitions institutionnelles. Une nécessité urgente dans un continent confronté à des coups d’État récurrents et à des conflits armés paralysant le processus d’édification de l’Etat. Dans ce cadre, l’intervention ne se limite pas à présenter l’évolution historique de la Constitution, mais propose un modèle d’élargissement du système des droits pour inclure les droits des générations futures, une orientation récente adoptée par certains États africains. L’intégration de cette dimension révèle une transformation de la philosophie législative algérienne vers la durabilité et la protection des ressources et de l’environnement, en harmonie avec les constitutions avancées au niveau mondial.
La conférence vise également à diagnostiquer les défis auxquels fait face la justice constitutionnelle en Afrique, tels que la faiblesse de l’indépendance judiciaire, les pressions politiques et l’absence d’une culture de recours au droit. Dans ce contexte, le continent africain y gagnerait beaucoup en s’inspirant de l’Algérie, apte à y jouer un rôle central grâce à son expérience et à son initiative de création du Congrès africain des instances juridictionnelles constitutionnelles en 2011.
D’autant que le constitutionnalisme africain est désormais un domaine de compétition internationale, et que les États africains sont plus conscients de la nécessité de disposer de leurs propres outils juridiques, loin des recettes toutes faites importées ou imposées.
Synthèse Badis B.
