Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, a affirmé que les conclusions de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et les technologies de la santé « traduiront l’ambition des participants à mettre en place des mécanismes efficaces » afin d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’industrie pharmaceutique du continent.
Sous le slogan « Une industrie pharmaceutique locale pour une Afrique intégrée et forte », l’événement a réuni des ministres, experts et partenaires internationaux autour d’une ambition commune : poser les bases d’une véritable souveraineté pharmaceutique africaine.
Lors de l’ouverture des travaux, Kouidri a annoncé que ceux-ci aboutiraient à la publication de la « Déclaration d’Alger », document stratégique visant à faciliter le partage d’expertise, le transfert de technologies et l’expansion de la production locale. L’Afrique ambitionne de faire passer la part de médicaments produits localement de 5 % aujourd’hui à 55 % d’ici 2035, une échéance clé alors que le continent représentera un quart de la population mondiale.
Faire du continent un hub pharmaceutique
Le ministre a également souligné le progrès spectaculaire réalisé par l’Algérie depuis la création d’un ministère dédié à l’industrie pharmaceutique en 2020. Cette réforme, impulsée par le chef de l’État, a permis de dynamiser le secteur, d’améliorer la qualité de la production et de renforcer le cadre réglementaire.
Grâce à ces efforts, l’Algérie produit désormais 82 % de ses besoins en médicaments et se dit prête à mettre son expertise au service des autres pays africains.
De son côté, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a appelé à « une coordination étroite » entre pays africains pour faire de l’Afrique « un pôle pharmaceutique mondial », estimant que les richesses humaines, scientifiques et économiques du continent en font un objectif réaliste.
Selon lui, la crise sanitaire mondiale a mis en lumière la fragilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance excessive aux importations, rendant urgent de bâtir une souveraineté sanitaire fondée sur l’autonomie pharmaceutique, l’innovation et la solidarité régionale.
Pour le ministre, la production pharmaceutique locale n’est plus seulement un choix industriel, mais constitue désormais une condition essentielle de la sécurité sanitaire, du développement économique et de la stabilité sociale. Il a ainsi souligné la nécessité d’établir un cadre réglementaire moderne et harmonisé, conforme aux normes internationales, afin de permettre une meilleure cohérence entre les différents systèmes nationaux.
Il a mis en avant l’importance de renforcer les capacités des agences nationales du médicament pour garantir un contrôle efficace de la qualité, élément clé de la confiance des populations et des investisseurs. Le ministre a également appelé à la création de centres continentaux de production, qui joueraient un rôle structurant dans l’atteinte d’une véritable souveraineté pharmaceutique.
Dans le même sens, il a insisté sur la nécessité de développer des partenariats industriels solides, fondés sur la recherche, l’innovation, la biotechnologie et les technologies numériques de santé. Ces collaborations, combinées à la promotion de partenariats public-privé, devraient favoriser l’émergence de zones industrielles spécialisées capables d’accueillir des projets à forte valeur ajoutée. Pour y parvenir, il a jugé essentiel d’instaurer un climat propice à l’investissement, tout en veillant à préserver les intérêts stratégiques des États africains.
En conclusion, le ministre de la Santé a réaffirmé l’engagement ferme de l’Algérie à contribuer pleinement à cette dynamique continentale, à partager son expérience et à participer activement aux initiatives régionales pour une Afrique « plus autonome, plus innovante et plus résiliente ».
I.K.
