Depuis plusieurs années, l’Algérie s’impose comme une voix déterminée en faveur d’une réforme profonde du Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant l’exclusion persistante de l’Afrique et appelant à une représentation équitable des pays du continent. À l’heure où le multilatéralisme est confronté à de nouvelles crises et tensions internationales, Alger insiste sur la nécessité d’une organisation plus démocratique, transparente et capable de répondre aux enjeux contemporains, qu’il s’agisse de paix, de sécurité ou de développement durable. Cet engagement constant s’inscrit dans la continuité de la diplomatie algérienne, qui défend la légitimité des solutions africaines aux problèmes africains et plaide pour une voix africaine forte au sein des instances internationales.
À New York, lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies et en marge des réunions ministérielles du G20, le ministre d’État Ahmed Attaf a réaffirmé que l’Afrique demeure marginalisée dans la gouvernance mondiale. Il a souligné la nécessité de réformer globalement le Conseil de sécurité et les institutions de Bretton Woods afin de mettre fin à « des décennies d’injustice historique infligée au continent ». Il a insisté sur l’importance d’associer pleinement l’Afrique à la définition des grandes orientations économiques mondiales, notamment dans des secteurs stratégiques tels que le numérique, la robotique, l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables.
Solutions africaines aux problèmes africains
Cette diplomatie repose sur un principe clair : « solutions africaines aux problèmes africains ». L’Algérie rejette toute ingérence militaire extérieure, en particulier dans la région sahélo-saharienne, et milite pour un Conseil de sécurité capable de restaurer la confiance internationale et d’assurer l’efficacité de l’ONU. Lors d’une séance consacrée à l’avenir de l’organisation, le représentant permanent algérien Amar Bendjama a souligné que les aspirations légitimes de l’Afrique à une représentation pleine et équitable doivent être au cœur de toute réforme. Il a insisté sur la nécessité de mettre fin à la politique des deux poids deux mesures et de garantir la primauté du droit international.
Pour Alger, la réforme du Conseil de sécurité ne se limite pas à un simple ajustement technique. Elle constitue une exigence pour corriger des décennies d’exclusion, renforcer la crédibilité de l’ONU et consolider le multilatéralisme. Cette réforme doit porter sur la composition et les méthodes de travail du Conseil afin d’assurer une plus grande représentativité, transparence et responsabilité. Dans cette perspective, l’Algérie entend mobiliser ses partenaires africains et internationaux pour transformer l’ONU en un véritable instrument de justice et de coopération, capable de prévenir les conflits et de promouvoir la stabilité mondiale.
Parallèlement, l’Algérie plaide pour une modernisation de la gouvernance économique mondiale. Les pays africains, déjà fragilisés par une dette excessive et l’exposition aux chocs extérieurs, doivent bénéficier d’un financement prévisible et équitable. Cette position s’inscrit dans la continuité des efforts algériens au sein du G20 et des Nations unies pour faire entendre la voix de l’Afrique et promouvoir un développement durable, inclusif et respectueux des droits des populations. L’accent est mis sur la nécessité de soutenir l’innovation, la transition énergétique et les investissements dans les infrastructures pour permettre à l’Afrique de jouer un rôle de premier plan dans l’économie mondiale.
À l’occasion des 80 ans de l’ONU, l’Algérie insiste sur l’urgence d’un renouveau multilatéral fondé sur le dialogue, la coopération et la solidarité. Elle affirme sa détermination à travailler avec tous les États membres pour bâtir une organisation plus forte, plus juste et plus représentative. En plaçant les intérêts africains au cœur des débats internationaux, l’Algérie entend contribuer à un ordre mondial plus équitable, capable de répondre aux défis de sécurité, de développement et de justice climatique.
À travers ces initiatives constantes, l’Algérie confirme son rôle de voix africaine au Conseil de sécurité et sa volonté de transformer l’ONU en un outil de justice et de stabilité internationales, mettant fin à des décennies de marginalisation et ouvrant la voie à un multilatéralisme rénové, inclusif et légitime pour les générations à venir.
Assia M.
