Dans le cadre des consultations annuelles prévues par l’article IV du FMI, l’Algérie a ouvert ses portes à une délégation conduite par Charalambos Tsangarides, reçue simultanément par le Professeur Kamal Rezig, ministre du Commerce Extérieur et de la Promotion des Exportations, et par Amel Abdelatif, ministre du Commerce Intérieur et de la Régulation du Marché, afin de passer en revue les réformes économiques et commerciales engagées pour renforcer la compétitivité et la régulation du marché national.
Au cours de cette rencontre, Rezig a exposé les initiatives mises en œuvre pour renforcer la compétitivité des produits nationaux sur les marchés internationaux, simplifier les procédures d’exportation et accompagner les exportateurs et investisseurs. Il a insisté sur la diversification des partenaires et des marchés, ainsi que sur la numérisation des procédures commerciales, visant à accélérer les transactions et améliorer l’environnement des affaires. Deux structures spécialisées ont été créées pour encadrer l’exportation et l’importation, tout en assurant l’accompagnement des investisseurs dans leurs opérations de commerce extérieur.
Les échanges ont également porté sur les mécanismes de soutien aux exportations, le développement des énergies propres et le renforcement de la coopération technique avec les partenaires internationaux. Le chef de mission du FMI a salué les exposés du ministre et réaffirmé l’intérêt du Fonds pour le suivi des réformes menées par l’Algérie, tout en exprimant sa disposition à accompagner les programmes visant à renforcer la stabilité économique et soutenir les réformes structurelles. Il a souligné l’importance de poursuivre une politique économique cohérente et durable afin d’assurer la résilience du pays face aux fluctuations des marchés mondiaux.
Parallèlement, la Ministre du Commerce Intérieur et de la Régulation du Marché, Amel Abdelatif, a reçu au siège de son ministère une délégation du FMI, présidée par Charalambos Tsangarides, dans le cadre de ces mêmes consultations annuelles. La rencontre s’est déroulée en présence des cadres du ministère et des directeurs des établissements sous tutelle.
Au cours de cet entretien, Abdelatif a présenté les principales réformes entreprises dans le domaine de la régulation des prix, de l’organisation du marché, du soutien à la production nationale et du renforcement des outils de contrôle économique. Elle a mis en avant les progrès réalisés dans la numérisation des systèmes de suivi et d’évaluation, ainsi que le développement des mécanismes de contrôle de l’approvisionnement du marché en produits de grande consommation.
Pour renforcer et améliorer l’environnement des affaires, la Ministre a souligné le rôle du Centre National du Registre du Commerce dans la facilitation de l’obtention des registres commerciaux pour les entreprises et les investisseurs, ainsi que dans la simplification des documents administratifs. Cette démarche vise à accélérer les procédures et encourager l’investissement national et étranger.
La délégation du FMI a salué les efforts déployés pour améliorer le climat des affaires et renforcer la transparence au sein du marché national, appréciant les mesures visant à moderniser les systèmes de suivi et de contrôle.
Levier de diversification économique
À titre de rappel, le 20 novembre 2025, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, avait reçu une délégation du FMI, conduite également par Tsangarides. Lors de cette réunion, Arkab avait présenté un exposé détaillé sur le programme de développement des secteurs des hydrocarbures et des mines, mettant en lumière les évolutions du cadre réglementaire et les réformes économiques inscrites dans le plan d’action gouvernemental issu du programme économique du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le ministre d’État avait souligné le rôle clé de ces secteurs dans la diversification de l’économie nationale, le renforcement de la croissance, la satisfaction des besoins du marché national en produits pétroliers et gaziers, ainsi que la sécurité énergétique et la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie. Il avait présenté les efforts du ministère pour soutenir la transition énergétique, réduire les émissions de gaz torché et de méthane, développer des projets de captage du carbone et renforcer l’économie circulaire, en insistant sur l’importance de l’innovation et du transfert de technologies pour moderniser le secteur.
Parmi les projets phares, Arkab avait cité le projet de zinc-plomb d’Amizour, le projet de fer de Gara Djebilet, et le projet intégré de phosphate, visant à renforcer la position de l’Algérie comme producteur et exportateur régional d’engrais. Il avait également présenté le programme national de dessalement d’eau de mer, comprenant 19 stations pour une capacité totale de 3,8 millions de m³/jour, et six nouvelles stations supplémentaires d’une capacité globale de 1,8 million de m³/jour, afin d’atteindre 60% de satisfaction de la demande nationale d’ici 2030.
Ces consultations annuelles reflètent la volonté de l’Algérie de conjuguer développement économique, diversification sectorielle et transition énergétique, tout en consolidant sa position sur les marchés internationaux et en affirmant son rôle de partenaire fiable dans le commerce et l’énergie à faible émission de carbone.
Elles traduisent également l’engagement du pays à renforcer sa compétitivité globale, attirer les investissements étrangers et promouvoir une croissance durable et inclusive.
R.N.
