L’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté, hier, le projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2026, contesté par certains partis de l’opposition.
Le vote est intervenu après l’examen du rapport complémentaire élaboré par la Commission des finances et du budget, qui a étudié en détail les douze propositions d’amendement soumises par les députés. Les amendements, portant sur diverses dispositions du texte initial, ont été débattus en présence des députés auteurs des propositions. La Commission des finances a retenu certaines modifications, préconisant également l’ajout de nouvelles mesures destinées à renforcer la cohérence du projet de loi.
Malgré ces ajustements, l’opposition de certains groupes parlementaires a persisté. Le groupe du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), composée de 65 députés, a voté contre le texte, exprimant son refus du PLF 2026.
Le PLF 2026 projette une croissance économique de 4,1 %, portée principalement par la progression des secteurs hors hydrocarbures. Cette dynamique devrait se poursuivre sur la période 2026-2028, avec une croissance attendue de 4,4 % en 2027 et 4,5 % en 2028, soutenue par l’agriculture, l’industrie, le bâtiment et les services.
Alors que le secteur des hydrocarbures connaîtrait une croissance modérée de 0,3 %, en raison d’un recul prévu des exportations et d’une hausse de la consommation nationale, l’agriculture devrait progresser de 5,4 %, notamment grâce à l’amélioration de la production céréalière, appelée à passer de 44 à 62 millions de quintaux d’ici 2028.
L’industrie enregistrerait une croissance moyenne de 6,2 %, le bâtiment 5,1 %, soutenu par les projets de logements et d’infrastructures, et les services près de 5 %, reflet d’une diversification croissante de l’économie.
Le produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 41 878 milliards de dinars, soit 322 milliards de dollars en 2026, pour franchir la barre des 372 milliards de dollars en 2028, dont près de 279 milliards de dollars provenant des secteurs hors hydrocarbures.
Dans la continuité de sa politique de rationalisation des dépenses, le gouvernement prévoit une réduction progressive du déficit budgétaire, qui passerait de –12,4 % en 2026 à –11,2 % en 2028.
Les recettes publiques devraient atteindre 8 009 milliards de dinars (61,6 milliards de dollars) en 2026, pour s’élever à 8 400 milliards de dinars (64,7 milliards de dollars) en 2028. Les dépenses publiques atteindront quant à elles 12 345 milliards de dinars (94,89 milliards de dollars), en hausse de 5 % par rapport à 2025. Le déficit global du Trésor s’établirait ainsi à 5 186 milliards de dinars, soit 39,9 milliards de dollars. La masse salariale prévue pour 2026 s’élève à 5 926 milliards de dinars (45,58 milliards de dollars), représentant 33,6 % du budget de l’État.
Les transferts sociaux demeurent conséquents, avec 2 812 milliards de dinars destinés aux établissements publics et 2 284 milliards de dinars orientés vers les ménages.
Ces derniers se répartissent notamment entre : l’allocation chômage, estimée à 420 milliards de dinars, au profit de plus de 2,18 millions de bénéficiaires, les pensions de retraite, dépassant les 424 milliards de dinars.
Pour soutenir le pouvoir d’achat, 657 milliards de dinars (5,05 milliards de dollars) seront consacrés au soutien des produits de base tels que le pain, le lait, le sucre et l’huile.
Islam K.
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Une loi à portée politique et sociale
Brahim Boughali a estimé que l’allocation de plus de 17 000 milliards de dinars dans le PLF 2026 «reflète une forte volonté politique d’atteindre les objectifs de développement». Il a toutefois souligné que ce montant pose également des défis liés à la rationalisation des dépenses et à l’efficacité de leur exécution. Le président de l’APN a précisé que le texte inclut une révision de certaines dispositions fiscales visant à élargir l’assiette fiscale et à assurer une plus grande équité entre les différentes catégories sociales. Ces réformes, a-t-il insisté, sont « politiques, audacieuses et nécessitent une volonté ferme pour leur mise en œuvre, loin de toute complaisance administrative».
Sur le plan économique, Brahim Boughali a salué la prévision d’une croissance hors hydrocarbures de 4,1 %, qu’il a qualifiée d’indicateur encourageant dans la transition vers une économie diversifiée. Il a néanmoins insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, de stimuler l’investissement productif et de libérer l’initiative économique de la bureaucratie qui entrave la dynamique du marché.
Il a également souligné le caractère social du PLF, précisant que le gouvernement a maintenu des crédits substantiels aux programmes relatifs au logement, à la santé, à l’éducation et au soutien des catégories vulnérables. Toutefois, il a appelé à une évaluation périodique des transferts sociaux pour garantir qu’ils parviennent aux bénéficiaires ciblés et pour renforcer leur efficacité et leur impact sur le cadre de vie des citoyens.
Il a salué la contribution des députés lors des débats, affirmant que «la pluralité, lorsqu’elle s’exerce dans un esprit de responsabilité, devient une source de force». Il a particulièrement félicité la Commission des finances et du budget pour son travail préparatoire et sa coordination avec les ministères concernés.
Il a en outre invité le gouvernement à concrétiser les engagements contenus dans la loi et à fournir des rapports périodiques sur leur mise en œuvre, rappelant que l’interdépendance entre les pouvoirs législatif et exécutif est essentielle pour la stabilité politique et l’efficacité des politiques publiques. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans l’utilisation des deniers publics, d’ancrer le principe de reddition des comptes et d’activer les mécanismes de contrôle interne afin de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
I.K.
