L’objectif est de produire localement des matériaux à forte valeur ajoutée, tout en répondant aux exigences du marché international.
Le chef de cabinet de la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’énergie, chargée des mines, Djamel Eddine Choutri, a révélé que le méga-projet minier de « Gara Djebilet » a entré dans sa phase de concrétisation.
S’exprimant, hier lors de son passage à l’émission « L’invité du matin » de la Chaîne I, le responsable a précisé que ce projet constitue l’un des piliers majeurs de la stratégie du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant la valorisation rapide des ressources minières nationales et la réduction de la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des hydrocarbures, dans un contexte mondial marqué par la flambée des prix des matières premières.
Gara Djebilet est devenu un projet industriel intégré s’étendant de Tindouf à Béchar, puis à Naâma. « La première unité de production, située à Tindouf, atteindra une capacité initiale de 4 millions de tonnes de minerai de fer, destinée à remplacer progressivement les volumes actuellement importés », a affirmé le chef du cabinet.
La première phase du développement, ajoute-il, « couvrant la période 2024-2030, prévoit également la mise en place d’une seconde unité de même capacité pour alimenter les installations industrielles de Béchar ».
En parallèle, un projet de production de pellets est en cours de réalisation à Béchar. Le chef du cabinet estime qu’«il devrait atteindre une capacité de 6 millions de tonnes, pour un total d’environ 10 millions de tonnes de produits destinés notamment à l’industrie de l’acier ».
A Naâma, un autre projet minier sera lancé après validation par le Conseil des ministres. Les autorités envisagent plusieurs modes de financement, incluant les partenariats et l’investissement direct. L’objectif est clair : produire localement des matériaux à forte valeur ajoutée, tout en répondant aux exigences du marché international.
Une valeur ajoutée industrielle
Ce vaste chantier vise à assurer la souveraineté industrielle du pays en garantissant un approvisionnement national stable en matières premières. Les besoins algériens en fer atteignent actuellement 10 millions de tonnes, un volume en hausse en raison des extensions enregistrées dans les complexes sidérurgiques de Bellara (Jijel) et Bethioua (Oran).
Le même responsable a estimé que « 250 emplois directs au niveau de la première unité à Tindouf, 800 emplois directs dans le complexe de Béchar, et entre 3 à 4 emplois indirects pour chaque poste direct créé ».
Défis techniques relevés
« Le transport, principal défi en raison de l’éloignement du site, a été surmonté grâce à l’achèvement de la ligne ferroviaire reliant Gara Djebilet à Béchar, opérationnelle début 2025 », a affirmé le chef du cabinet.
« Sur le plan technique, l’usage de technologies avancées a permis de réduire la teneur en phosphore du minerai de 0,8 % à moins de 0,2 %, répondant ainsi aux normes de transformation et aux exigences environnementales » a-t-il ajouté.
Un investissement souverain
L’exploitation du site est assurée à 100 % par des opérateurs algériens, tandis que les entreprises étrangères interviennent uniquement dans la réalisation technique, sans participation dans le capital.
« Les investissements se répartissent comme suit :135 millions de dollars pour le site minier de Tindouf, 800 millions de dollars pour le complexe sidérurgique de Béchar, en partenariat avec Tosyali et Feraal ».
Enfin, Djame Eddine Choutri a réaffirmé l’engagement du secteur des Mines à concrétiser les directives du Président Tebboune et à accélérer les travaux pour permettre une mise en service effective dès le début de l’année 2026.
Kahina. Z.
