Le secteur minier connaît une phase de renouveau qualitative.
L’Algérie dispose d’un potentiel minier important et diversifié, mais ce dernier est resté longtemps inexploité puisqu’on estimait que seulement 10% du potentiel était exploité. Face à ce constat, les pouvoirs publics ont mis en œuvre, depuis quelques années, une politique ambitieuse de développement du secteur avec comme finalité une diversification des sources de revenus de l’économie nationale afin de l’extraire d’une trop grande dépendance des hydrocarbures.
Cette politique de développement du secteur minier s’est matérialisée par la modernisation du cadre juridique applicable à l’activité d’extraction minière en introduisant des réformes structurelles touchant aussi bien à la gouvernance qu’au régime des titres miniers. Parallèlement, les pouvoirs publics ont procédé à la mise en œuvre de projets d’exploitation de plusieurs grandes mines à travers le territoire algérien à l’instar de la mine de Gara Djebilet (minerai de fer), la mine de Bled El Hadba (phosphate), la mine de Tala Hamza-Oued Amizour (zinc). Ces initiatives incluent la construction d’infrastructures de soutien, comme des lignes ferroviaires. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui considère le secteur minier comme un moteur de croissance économique et un fondement du développement durable, suit ces projets avec un grand intérêt. D’ailleurs, il a annoncé, ce dimanche lors de la réunion du Conseil des ministres, la date du début de l’exploitation du minerai de fer de Gara Djebilet. Le président Tebboune a ordonné «le lancement de l’utilisation et de l’exploitation locale du minerai de fer extrait de la mine de Gara Djebilet à partir du premier trimestre de 2026». Concernant la ligne ferroviaire entre Tindouf et Béchar, le président Tebboune a annoncé que sa mise en service interviendra en janvier 2026, enjoignant au ministre des Travaux publics «de préparer l’inauguration de la nouvelle ligne ferroviaire, dans son intégralité, en janvier 2026, pour sa mise en exploitation officielle».
Le mégaprojet par excellence
Le gisement de fer de Gara Djebilet est l’un des plus grands gisements de fer dans le monde avec environ 3,5 milliards de tonnes de minerai en place. Longtemps délaissé à cause des nombreuses contraintes liées à son exploitation, le gisement constitue, aujourd’hui, le renouveau du secteur minier national. Il symbolise l’attractivité croissante de l’Algérie pour les investisseurs étrangers dans le secteur minier. Ce projet est certes complexe, mais c’est un projet structurant qui contribuera énormément au développement économique des régions de Tindouf et Bechar, sans compter les retombées économiques sur l’industrie sidérurgique nationale en la libérant de sa dépendance aux marchés internationaux. Les capacités de traitement pourraient atteindre, à l’horizon 2030, plus de 20 millions de tonnes entre minerai, pellets et Ferraille. La production du minerai de fer de Gara-Djebilet contribuera incontestablement à satisfaire en partie la demande nationale. L’autre partie, destinée à l’exportation, va intéresser les pays qui disposent d’une base sidérurgique importante. En effet, le minerai de fer est demandé sur le marché international car c’est la matière première par excellence des activités sidérurgiques. Ce projet est l’un des plus grands projets structurants du secteur, avec le potentiel de créer, selon les experts, environ 15 000 emplois directs sur un effectif total de 20 000 travailleurs.
Un portefeuille diversifié
Outre le mégaprojet de Gara Djebilet, le portefeuille de projet minier national coche de nombreux autres projets. On citera, notamment, l’exploitation de phosphate intégré de Bled El-Hadba, dans la wilaya de Tébessa. S’étendant sur quatre wilayas (Tébessa, Souk Ahras, Annaba et Skikda), il vise une production de plus de 6 millions de tonnes de produits phosphatés annuellement avec, la création à terme de 6000 emplois directs et 24.000 indirects. Ce projet stratégique doit permettre à l’Algérie de jouer un rôle de premier plan sur le marché mondial des engrais, en ciblant notamment le vaste marché africain. Autre projet, la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, à Béjaïa, qui figure parmi les douze plus grandes mines de zinc au monde, avec des réserves dépassant 24 millions de tonnes. Projet stratégique, il vise d’abord à réduire la facture d’importation avant de se tourner vers l’exportation. À partir de 2026, date prévue de sa réception, l’Algérie fera son entrée sur le marché international du zinc. La stratégie minière nationale entend brasser large. Un accent particulier est mis sur le développement des terres rares avec de nouveaux projets de développement de baryte, de manganèse et de lithium, minerai stratégique pour la transition énergétique.
Soutenus par des investissements massifs, tous ces projets représentent le point de départ pratique pour une diversification effective de l’économie nationale. Des partenariats nationaux et internationaux ont été mobilisés pour les mener à bien dans des délais records.
Saïd S.
