La présidente de la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, Salima Mesrati, a annoncé que son organisme travaille sur l’élaboration d’un nouveau texte réglementaire qui appelle les associations à «adopter des systèmes de transparence au sein de leurs structures».
Ce texte vise à «renforcer la confiance et à garantir l’intégrité et la clarté dans la gestion», a expliqué Salima Mesrati dans son allocution d’ouverture d’une session de formation dispensée aux membres du réseau algérien de transparence (NARAKOM), organisé à Bouira. Poursuivant, elle a indiqué que le réseau « Narkoum » tire sa légitimité d’abord de la constitution algérienne qui prescrit d’élargir sa composante, en incitant la société civile à s’impliquer davantage dans la lutte contre la corruption et la transparence aussi bien dans le secteur public que privé ajoutant que « celle-ci est en conformité à l’engagement de l’Algérie à la convention des Nations Unies ». «La lutte contre la corruption est l’affaire de tous», a-t-elle lancé. Notons que dans le cadre de la stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, il est prévu la mise en place rapide d’un système d’information dédié aux associations, intégrant toutes les données relatives à leurs activités et à leurs financements.
Dans ce contexte, les associations sont enjointes de procéder à la vérification de l’identité des donateurs et des bailleurs de fonds, surtout lorsque le financement provient de l’étranger, tout en archivant et documentant toute opération financière. En cas d’activité ou de financement suspect, elles auront l’obligation de signaler immédiatement les faits aux autorités compétentes. En outre, des inspections ciblées seront lancées dès décembre prochain, notamment dans les wilayas frontalières, zones jugées plus vulnérables. En 2026, un nouveau cadre juridique renforcera les obligations de transparence, à l’instar de la déclaration des bénéficiaires effectifs, de rapports financiers réguliers et de sanctions en cas de manquements.
L’implication de la société civile
La même responsable a indiqué que la Haute autorité poursuivait ses «efforts pour renforcer les capacités de la société civile dans le domaine de la transparence, de la prévention et de la lutte contre la corruption» confirmant ainsi «le rôle vital qu’elle joue en tant que partenaire essentiel dans la promotion de l’intégrité et l’ancrage des valeurs de responsabilité et de transparence». Elle a estimé que «l’implication de la composante de la société civile constitue un pilier essentiel dans la mise en œuvre des grands axes de la stratégie nationale de la transparence, de la prévention et de la lutte contre la corruption». Mme Mousserati a affirmé, en outre, que la démocratie participative est «un élément essentiel» dans le développement social durable.
Unifier les efforts
Dans son discours, la présidente de l’Autorité a souligné que les conventions internationales et régionales ont appelé les États parties à créer un environnement propice à une participation efficace des organisations de la société civile dans les efforts de prévention et de lutte contre la corruption, ce que l’Algérie concrétise en activant les cadres juridiques et institutionnels soutenant cette démarche, selon ses dires. Elle a également mentionné que la Haute autorité, en vertu des prérogatives légales qui lui sont conférées, oeuvre à la création d’un réseau national interactif visant à impliquer toutes les composantes de la société civile, afin d’unifier les efforts et de promouvoir des initiatives citoyennes visant à ancrer les valeurs d’intégrité.
Une responsabilité collective
Au cours de son intervention, Salima Masrati a appelé à la diffusion d’une culture de dénonciation de la corruption et à l’organisation de campagnes de sensibilisation dans les établissements éducatifs et universitaires pour ancrer les valeurs de citoyenneté et d’intégrité chez les générations montantes.
Elle a conclu son intervention en affirmant que «le succès dans la lutte contre la corruption est une responsabilité collective, qui nécessite l’engagement de l’État et de la société dans son ensemble, pour construire une nouvelle Algérie, dont le slogan est l’intégrité, la justice et la transparence».
R.C
