Ce n’est pas la première fois que le Maroc se fait démentir.
Suite au vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797 sur le Sahara Occidental, plusieurs médias et comptes marocains ont diffusé une fausse information affirmant que Google avait effectué une modification sur son logiciel de cartes, itinéraires et géolocalisation en supprimant la ligne pointillée séparant les deux pays. Ils ont présenté cette modification comme une reconnaissance par Google de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Sans vérification, certains journaux italiens et espagnols ont repris cette information, ce qui a contribué à la confusion dans les médias. Face à cette confusion, le géant de la Tech Google Maps n’a pas tardé à réagir en apportant un démenti aux allégations des médias marocains.
Mardi, un porte-parole du groupe a déclaré : «nous n’avons pas fait de changements des cartes du Maroc et du Sahara Occidental, tout ce qu’il y a c’est que ces pointillés n’étaient pas visibles au Maroc seulement, ils étaient visibles ailleurs et ils le sont toujours». Il a par ailleurs indiqué le groupe se conformait à son règlement concernant les régions disputées entre plusieurs parties. D’ailleurs, une simple vérification révèle que, pour les utilisateurs situés hors du Maroc, Google continue d’afficher une carte qui ne correspond aux illusions marocaines.
Enième mise au point
Dans leur tentative d’imposer le fait accompli colonial au Sahara occidental par le mensonge, le Maroc collectionne les déconvenues. Le démenti de Google vient s’ajouter aux nombreuses mise au point sur la question du Sahara Occidental en général et sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité, à commencer par le conseiller du président américain pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos, qui a tempéré les ardeurs des Marocains en les invitant à faire la distinction entre la position de Washington, ouvertement pro-marocaine, et la teneur de la résolution qui n’a ni imposé le plan d’autonomie comme unique base de solution ni enterré le référendum d’autodétermination, comme le soutenait la propagande marocaine.
De son coté, L’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, avait affirmé que «la résolution 2797, dans ses paragraphes soigneusement rédigés, établit un cadre pour les négociations. Elle ne prescrit aucun résultat prédéfini, car une solution durable ne peut découler que de négociations menées de bonne foi Le document souligne que, contrairement au narratif marocain relayé par une partie de la presse occidentale, la résolution 2797 ne reconnaît à aucun moment la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. La résolution mentionnait, certes, l’autonomie mais aux côtés d’autres alternatives, maintenant ainsi le jeu politique et diplomatique ouvert.
L’illusion du Makhzen
En jubilant sur la soi-disant reconnaissance de l’ONU de sa souveraineté sur le Sahara Occidental, le Makhzen oublie que cette résolution consacre le renouvellement de la mission de la Minurso, dont la mission principale est l’organisation du référendum d’autodétermination. La résolution prône, également, des négociations directes entre le Maroc et le Polisario. C’est à dire qu’il sera dans l’obligation de se mettre à la table avec ceux là même qu’il a qualifié de groupuscule terroriste. Le Maroc fait semblant d’oublier que le dossier du Sahara est toujours examiné en Quatrième Commission de l’ONU.
Une commission chargée des questions de décolonisation, et qui a adopté, récemment, une résolution réaffirmant le cadre juridique de la question du Sahara occidental en tant que question de décolonisation ainsi que la responsabilité des Nations Unies à l’égard du peuple sahraoui.
Saïd S.
