Réactivé récemment, le mécanisme tripartite pour la Libye, qui réunit l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie, tiendra aujourd’hui une importante réunion à Alger pour tenter de relancer le processus politique en Libye.
Dans le cadre de cet important sommet tripartite à laquelle l’Algérie accorde une importance capitale, les deux chefs de la diplomatie égyptienne et tunisiennes sont arrivées hier à Alger où ils ont été reçus par les plus hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Lors de cette rencontre, Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires Etrangères, de la Communauté Nationale à l’Etranger et des Affaires Africaines, Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires Etrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Etranger, ainsi que Badr Abdelatty ministre des Affaires Etrangères, de l’Emigration et des Affaires des Égyptiens à l’Etranger auront à examiner les derniers développements de la situation en Libye.
La rencontre qui intervient dans un contexte régional des plus tendus, sera l’occasion de discuter des efforts conjoints entrepris par les trois pays voisins en coordination avec la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul), dont la cheffe Mme Mme Hanna Serwaa Tetteh est à Alger. L’objectif comme annoncé par les différentes parties, est de poursuivre le soutien et l’encouragement du dialogue inter-libyen et de travailler à la création d’un climat propice à l’aboutissement d’un règlement politique global et consensuel, consacrant la souveraineté et l’unité nationale de la Libye, et renforçant sa sécurité, sa stabilité et son processus de développement, sous l’égide et avec l’appui des Nations Unies. «Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts conjoints des pays voisins de la Libye visant à soutenir le processus de règlement politique entre les différentes parties libyennes, à unifier les positions régionales et internationales en faveur de la préservation de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Libye, et à favoriser une solution libyo-libyenne répondant aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité, de stabilité et de développement», a tenu à préciser un communiqué des AE égyptiennes.
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies et Cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Mme Hanna Serwaa Tetteh, avait pour rappel, dévoilé le 21 août dernier devant le Conseil de sécurité, une nouvelle feuille de route pour en finir avec les périodes de transition qui s’éternisent en Libye. Son plan consiste à organiser des élections générales en passant par l’unification des institutions, un nouveau gouvernement unifié, un cadre électoral viable et un dialogue structuré qui permettrait une large participation des Libyens aux scrutins.
Non à l’ingérence étrangère
Instauré en 2017 le mécanisme tripartite qui a été suspendu en 2019 a été réactivé fin mai dernier à la faveur d’une réunion au Caire, au cours de laquelle les parties concernées ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation en Libye, notamment dans la capitale Tripoli qui avait alors connu un regain de tensions sécuritaires marquées par des affrontements armés. «Compte tenu de la gravité de la situation en Libye, (…) les ministres ont renouvelé leur appel à toutes les parties libyennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue et adoptent immédiatement une attitude de désescalade de manière à garantir la sécurité du peuple libyen», avait indiqué un communiqué publié à l’issue de la réunion. la déclaration conjointe a souligné l’importance de faire avancer le processus politique en Libye notamment en unifiant les institutions et en organisant simultanément des élections parlementaires et présidentielles. Les trois pays ont souligné «l’importance de parvenir à une résolution de la crise libyenne et de mettre fin à la division politique afin d’éviter une nouvelle escalade, la violence, le terrorisme et l’élargissement du conflit». Les trois ministres avaient d’ailleurs convenu que le mécanisme tripartite devrait se réunir régulièrement en prévoyant deux rencontre avant la fin de l’année en cours, celle d’aujourd’hui à Alger et une autre bientôt en Tunisie.
Ce qui est en tout cas important de relever, est que les trois voisin de la Libye sont sur la même longueur d’onde notamment en préconisant une solution «libo-libyenne» au conflit et en refusant toute ingérence étrangère, le Caire étant , à un certain moment favorable à une intervention militaire. L’Egypte comme l’avait rappelé en mai son MAE, prône aujourd’hui «une solution libo-libyenne sans diktats ni ingérence extérieure, ni contournement du rôle des institutions nationales libyennes», tout en soulignant l’importance de «respecter l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye». Une solution qu’a toujours prônée l’Algérie qui n’a eu de cesse de dénoncer toutes les formes d’ingérence. Lorsqu’il avait reçu en mars dernier à Alger, Mme Hanna Teteh, Ahmed Attaf a tenu à rappeler la position algérienne et ses principaux fondements, soulignant notamment, que le règlement de la crise libyenne «ne peut se faire que par le biais d’un processus libyen inclusif et fédérateur, sans aucune exclusion», avec pour ultime objectif «le renforcement de l’unité nationale libyenne et la préservation de l’intégrité territoriale de ce pays frère».
Pour l’Algérie, la clé du règlement de la crise libyenne «est de mettre fin à toutes les formes d’ingérences étrangères et de permettre aux Libyens de décider de leur sort par eux-mêmes». Les vues étant désormais «rapprochées», la réunion d’aujourd’hui promet des avancées notables sur ce dossier.
A.I.
