Ce dialogue vise à rapprocher les points de vue et à instaurer la stabilité en Libye, sans ingérence dans ses affaires internes.
Les préparatifs de la rencontre d’Alger, prévue par les trois pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie et Égypte), dans le cadre de la réactivation du mécanisme tripartite visant à stabiliser la Libye et à soutenir le processus politique inter-libyen semblent s’accélérer. En effet, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé la reprise du dialogue tripartite entre la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte, sous l’égide des Nations unies, au sujet de la situation en Libye. Une annonce faite hier, lors d’une séance conjointe des commissions des relations extérieures et de l’investissement des deux chambres du Parlement tunisien.
Ce dialogue vise à rapprocher les points de vue et à instaurer la stabilité en Libye, sans ingérence dans ses affaires internes. Une question ayant fait l’objet de discussions entre les trois chefs de la diplomatie de l’Égypte, de l’Algérie et de la Tunisie, respectivement Badr Abdel Aty, Ahmed Attaf et Mohamed Ali Nafti, en août dernier, en marge de de la session de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) tenue, en août dernier, à Djeddah en Arabie Saoudite. Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, l’ordre du jour portait sur l’évolution de la crise libyenne et sur les moyens de soutenir un règlement politique visant à préserver l’unité et la stabilité de la Libye.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères algérien a fait état de rencontres bilatérales avec ses homologues égyptien et tunisien durant lesquelles la question libyenne a été abordée. Les deux parties avaient insisté sur l’importance de soutenir le processus politique inter-libyen, de manière à préserver l’unité et la souveraineté de la Libye, et à assurer le départ de tous les mercenaires et forces étrangères. D’autant, est-il noté, que cette démarche constitue la seule voie pour instaurer la sécurité et la stabilité en Libye. «De par la proximité géographique, Alger, Tunis et le Caire sont entièrement conscients de la complexité de la crise libyenne et de ses proportions à l’échelle régionale. .
L’appui d’Alger
Depuis le renversement du régime du colonel Maâmar El-Gueddafi en 2011 par les forces de l’OTAN et le chaos qui s’en est suivi, l’Algérie n’a ménagé aucun effort pour trouver une solution politique à la grave crise que traverse ce pays, avec lequel elle partage une frontière longue de près de 1000 km. L’Algérie a, de tout temps, pesé de tout son poids diplomatique afin que la crise libyenne puisse aboutir à un dénouement pacifique qui mettra fin à une instabilité qui perdure depuis 14 ans.
Auparavant, les ministres des trois pays avaient, lors d’une réunion tenue au Caire en mai dernier, réaffirmé leur engagement à soutenir le processus politique en Libye, en particulier l’unification des institutions libyennes et l’organisation d’élections législatives et présidentielles simultanées sous l’égide de l’ONU. Le communiqué conjoint indiquait alors qu’une nouvelle réunion aurait lieu «prochainement» à Alger, sans, pour autant, avancer la moindre date. Dans son intervention, lors d’une session du Conseil de sécurité en juin dernier, le représentant permanent de l’Algérie, Amar Bendjama, a appelé, au nom du groupe A3+ (Algérie, Guyana, Sierra Leone, Somalie), à un processus politique crédible, libyen et soutenu par l’ONU, menant à des élections libres et à l’unification des institutions libyennes, tout en exigeant le retrait immédiat et sans condition de toutes les forces étrangères et mercenaires et la fin des ingérences extérieures. D’ailleurs, l’approche algérienne est fondée sur trois principes, en l’occurrence «la solution pacifique et le refus de la solution militaire, un cessez-le-feu et le début des pourparlers, ainsi que le rejet de toute ingérence étrangère».
Un rendez-vous déterminant
Pour rappel, le mécanisme tripartite Algérie-Tunisie-Égypte avait été instauré en 2017 pour coordonner les efforts diplomatiques en vue d’une résolution politique de la crise libyenne, mais il avait été suspendu en 2019 en raison de divergences internes et de l’évolution complexe du conflit. La situation avait été d’autant plus délicate que l’Égypte soutenait Khalifa Haftar, tandis que l’Algérie restait attachée à une solution onusienne respectant la légalité internationale. Avec les derniers développements, la prochaine rencontre d’Alger s’annonce déterminante pour relancer un dialogue tripartite en vue d’une stabilisation durable de la Libye et d’un appui concret au processus politique inter-libyen.
Synthèse Badis B.
