Le colonialisme français en Afrique a pratiqué le génocide dans son sens le plus large : génocide culturel et civilisationnel de l’homme, génocide environnemental du milieu naturel.
À l’occasion de la commémoration du 71ᵉ anniversaire du déclenchement de la glorieuse Guerre de libération nationale, un colloque national intitulé «Les impacts environnementaux de la colonisation en Afrique : vérités historiques et séquelles écologiques, le cas de l’Algérie» a réuni les ministères de l’Environnement et de la Qualité de la vie, ainsi que celui des Moudjahidine et des Ayants-droit, en présence d’un panel de personnalités historiques, de moudjahidine et de chercheurs.
Selon les organisateurs de cette rencontre hautement significative, tant par son timing que par le thème choisi, «la colonisation française en Afrique n’était pas seulement une exploitation systématique des ressources humaines et naturelles dans le cadre d’une politique bien enracinée. Elle a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective des peuples africains, marquant profondément le continent sur les plans social, économique et écologique».
Un thème à portée historique
Évoquant l’écocide, terme particulièrement approprié en pareilles circonstances, le texte introductif du colloque a souligné que «le colonialisme français en Afrique a pratiqué le génocide dans son sens le plus large : génocide culturel et civilisationnel de l’homme, génocide environnemental du milieu naturel. Des terres brûlées à la déforestation, en passant par la pollution industrielle et le pillage des ressources naturelles, tout cela n’était pas de simples dommages collatéraux, mais le fruit de politiques mûrement réfléchies visant à remodeler l’homme et l’espace selon une vision coloniale. Cette approche a donné naissance au crime colonial français et à l’agressivité d’une pensée coloniale profondément destructrice».
Prenant l’exemple de l’Algérie, les organisateurs ont rappelé que «le pays a constitué un cas à la fois unique et tragique. Sur son sol se sont conjugués tous les aspects de la violence coloniale : de la colonisation forcée et de la politique agraire des terres brûlées, jusqu’aux explosions et expériences nucléaires et chimiques. Aujourd’hui encore, dans une tentative de réaménagement qui continue d’en porter les séquelles, l’environnement algérien demeure gravement dégradé».
Raviver la mémoire africaine
Si ce colloque vise à rappeler à la jeune génération les atrocités commises par l’armée coloniale française en Algérie, le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie lui confère également d’autres objectifs, notamment celui de raviver la mémoire africaine commune, en mettant en avant la profondeur et la grandeur des liens historiques entre les peuples du continent.
Il s’agit aussi de présenter le colonialisme français comme un phénomène à la fois historique et environnemental, en décrivant ses crimes en Afrique et leurs répercussions économiques et écologiques.
C’est dans cette perspective que les participants ont eu à analyser l’impact du colonialisme français sur les écosystèmes en Algérie et dans d’autres pays africains, tout en soulignant la nécessité d’encourager la recherche universitaire sur l’histoire environnementale du colonialisme.
Avec un thème aussi fort — «Le colonialisme en Afrique : ses mécanismes, ses pratiques et ses effets sur l’homme et l’environnement» —, les organisateurs ont voulu mettre en lumière les expériences nucléaires et militaires françaises en Algérie et leurs répercussions écologiques et humaines persistantes, ouvrant ainsi la voie à une réflexion collective sur les crimes environnementaux du colonialisme et la mémoire écologique du continent africain.
Ferhat Zafane
