Les réunions annuelles du Forum africain des administrations fiscales (ATAF-2025), qui se tiennent à Alger du 3 au 7 novembre, constitue un évènement important pour les administrations fiscales africaines, a indiqué Ghania Rabhi, à la direction générale des impôts. Intervenant hier dans l’émission «l’invité du jour» de la Radio chaîne 3, Ghania Rabhi a indiqué que ce rendez-vous offre une plateforme pour les administrations fiscales africaines afin de traiter des questions d’actualité et des défis que nous avons et essayer de trouver des solutions pour l’Afrique.
Elle a souligné que depuis son adhésion à l’ATAF, l’année derniere, l’Algérie a essayé d’avoir un engagement actif surtout que le pays avait des choses à offrir, expertise, expérience de bonnes pratiques. Mais l’Algérie devait aussi profiter des bonnes pratiques des autres. Elle a précisé que certains pays africains sont excellents dans certaines pratiques, prenant l’exemple du Bénin qui est à la pointe en matière de facturation électronique ou le Nigéria et le Kenya qui ont mis en place des mécanismes d’imposition des services numériques assez intéressants. Abordant la question cruciale de la numérisation, elle a indiqué qu’«avec la globalisation et la mondialisation, la numérisation est la seule solution qui peut nous aider à accomplir notre mission régalienne, garant des ressources de l’Etat». La directrice des relations fiscales internationales de la DGI a indiqué que la fiscalité n’est pas une problématique africaine ou des pays en voie de développement mais c’est une problématique mondiale. C’est un défi mondial et les administrations fiscales doivent s’adapter pour pouvoir assurer les ressources fiscales à l’Etat. Selon Ghania Rabhi, à l’ère du multilatéralisme, il n’y a pas de frontières pour commercer, ajoutant que malheureusement cela charrie des pratiques dommageables (évasion fiscale). D’où l’impératif de s’entraider et de coopérer ensemble pour qu’on puisse lutter efficacement.
C’est une lutte commune contre l’évasion fiscale qui amoindrie les ressources de l’Etat, a-t-elle précisé, ajoutant que toutes les administrations fiscales en sont conscientes. L’ATAF constitue, à ce titre, l’espace idéal pour, selon elle, discuter des questions d’actualité, des normes internationales, de la numérisation de l’administration fiscale et des aspects juridiques qu’on pourrait offrir aux opérateurs économiques. Pour Rania Rabhi, cette plateforme va permettre aux participants de communiquer et de voir les bonnes pratiques, de mutualiser les efforts et essayer de répondre aux problématiques fiscales en mettant en place une législation claire et transparente, une sécurité juridique, une certitude fiscale et aussi accompagner les opérateurs économiques.
Accompagnement des opérateurs
Avec la Zlecaf et suite à l’IATF, les opérateurs algériens peuvent se déployer en Afrique et l’une des missions de la DGI est d’accompagner leur déploiement à travers des réductions des charges fiscales. Cependant, déplore la directrice des relations fiscales internationales de la DGI, l’Algérie n’a pas des conventions de non-double imposition avec tout le continent africain. Des conventions existent avec des pays d’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud. Selon Rania Rabhi, les conventions fiscales apportent une réduction de la charge fiscale mais au-delà de cet allégement il y a aussi une sécurité juridique, ajoutant qu’actuellement, l’Algérie négocie avec d’autres pays avec lesquels il y a le plus d’échange économiques. Sur un plan plus large, la locutrice a précisé qu’au niveau de l’ONU, des négociations sont en cours autour d’une convention-cadre sur la coopération fiscale internationale.
Elle a aussi évoqué un protocole qui va se charger d’asseoir des règles sur l’imposition des services et remettre un équilibre dans les modèles existants qui, selon elle, sont en défaveur des pays en développement. D’où l’intérêt d’unir les positions africaines sur le sujet et défendre nos intérêts, a-t-elle conclu
Saïd S.
