Des ministres des Finances, des chefs des administrations fiscales, des décideurs et des partenaires de développement tenteront de façonner le prochain chapitre de la transformation budgétaire de l’Afrique.
Le Centre international de conférences (CIC Abdelatif-Rahal) d’Alger accueille, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 7 novembre, les réunions annuelles du Forum africain des administrations fiscales (ATAF-2025). Organisés sous l’égide de la Direction générale des impôts (DGI), ce rendez-vous constitue l’occasion pour l’Algérie de consolider sa place en tant qu’acteur clé du renforcement de la coopération fiscale sur le continent. Dans un communiqué rendu public, la Direction générale des impôts (DGI) souligne que cette rencontre «contribue à renforcer la place de l’Algérie comme acteur principal dans la coopération fiscale africaine, et constitue une occasion de participer activement à l’élaboration de solutions concrètes et durables destinées à accroître les capacités fiscales du continent, à stimuler une croissance inclusive et à financer le développement durable». Les réunions annuelles de l’ATAF sont réputées pour rassembler les personnalités les plus influentes d’Afrique dans le domaine fiscal, des ministres des Finances et commissaires généraux aux universitaires, praticiens et partenaires de développement de premier plan. Ce rendez-vous d’Alger, placé sous le thème «Adopter des approches efficaces et ciblées pour des systèmes fiscaux équitables», accueille 350 participants, représentant les 44 pays membres de l’ATAF, l’Union africaine, la Banque mondiale, l’OCDE, le PNUD, le WATAF et d’autres partenaires régionaux et de développement.
Contexte
Alors que les gouvernements du continent recherchent des moyens durables de financer leurs ambitions en matière de développement, la mobilisation des ressources nationales (MRN) est devenue le pivot de la résilience économique de l’Afrique. D’où l’impératif d’avoir des systèmes fiscaux non seulement efficaces, mais aussi équitables, inclusifs et profondément liés aux réalités vécues par les économies africaines. L’édition de cette année est plus qu’une simple réunion, elle marque le début d’un nouveau chapitre pour l’ATAF et ses membres. Ce rendez-vous s’annonce donc comme un moment fort du calendrier économique continental.
Un programme riche
Les ateliers réuniront 70 intervenants répartis sur 11 sessions en trois jours, apportant des perspectives qui couvrent les politiques, les pratiques et les partenariats. Chaque session est conçue non seulement pour débattre, mais aussi pour générer des idées concrètes pour les administrations en première ligne de la réforme fiscale. Les travaux porteront sur des thèmes «d’une extrême importance pour l’avenir économique et institutionnel du continent, tels que la transformation numérique des administrations fiscales, la lutte contre les flux financiers illicites, l’érosion de l’assiette fiscale, la réforme de la fiscalité internationale, les défis imposés par l’économie digitale, l’élargissement de l’assiette fiscale, ainsi que le renforcement de la fiscalité comme source de financement des Objectifs du développement durable (ODD).
Tracer la voie
Au-delà des échanges techniques, l’événement se veut un moment fondateur dans la construction d’une vision commune. Ces réunions constitueront une étape importante vers l’élaboration d’une feuille de route commune visant à relever les défis fiscaux contemporains. Une feuille de route permettant de renforcer la conformité fiscale, à exploiter pleinement les opportunités offertes par l’évolution du paysage fiscal mondial, et à faire entendre la voix de l’Afrique au sein des instances internationales.
L’événement se terminera par une déclaration finale officielle, qui reprendra les engagements pris pour approfondir la coopération, renforcer les réformes fondées sur les données et consolider le lien entre la fiscalité et les résultats en matière de développement.
Saïd S
