Prévu pour jeudi, le projet de résolution relatif à l’adoption de la résolution 2729, proposé par les Etats-Unis, de Donald Trump, au vote au Conseil de Sécurité, a eu lieu vendredi en soirée auquel l’Algérie a refusé d’y participer.
Pour le spécialiste en relations internationales, Rachid Allouche, que Cresus a joint hier, le «fait que le Conseil de sécurité ait décidé de prolonger le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2026, témoigne de son engagement continu en faveur d’une solution juste et durable». Interrogé sur la signification à donner au fait que le Conseil de sécurité ait indiqué que «le conflit sahraoui ne peut être résolu sans le peuple sahraoui et sans l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination», Rachid Allouche a affirmé qu’il s’agit d’une «réponse claire aux tentatives du Maroc, soutenu par les Etats-Unis, la France et d’autres pays, qui a cherché à faire adopter une résolution qui réglerait définitivement la question en faveur de sa politique expansionniste». Actuellement, poursuit notre interlocuteur, «le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est foulé aux pieds de l’occupant et de ses alliés», ajoutant que «les approches unilatérales qui cherchent à sacrifier l’état de droit, la justice et la paix pour une opportunité politique à court terme ne feront qu’exacerber le conflit et mettre en danger la paix, la sécurité et la stabilité dans toute la région».
En plus clair, «toute initiative en dehors des aspirations du peuple sahraoui, ne fera qu’exacerber le conflit», a-t-il expliqué.
Le droit international bafoué
Et de souligner que «cette attitude de complaisance ne menace pas seulement la cause sahraouie, mais sape profondément la crédibilité du système international fondé sur le respect du droit et de la souveraineté des peuples».
Interrogé sur le refus de l’Algérie de participer au vote relatif à l’adoption de la résolution 2729, l’expert a indiqué que «cela découle du fait que la résolution proposée par les Etats-Unis au vote ne reflète nullement les aspirations du peuple sahraoui qui lutte depuis un demi-siècle pour sa liberté».
«L’Algérie n’a pas voté car le texte de la résolution présente un penchant flagrant pour l’occupant, en passant sous silence les aspirations du colonisé, en l’occurrence le Sahara occidental qui revendique son autodétermination», a ajouté l’expert Rachid Allouche, qui reste persuadé que «cette attitude de complaisance ne menace pas seulement la cause sahraouie, mais sape profondément la crédibilité du système international fondé sur le respect du droit et de la souveraineté des peuples».
Une victoire juridique pour le Polisario
Dans une déclaration à «Crésus», le politologue et enseignant universitaire, Hakim Boughrara, a souligné que «sur le plan du droit, le Sahara occidental est sorti gagnant en apprenant la poursuite de la mission de la Minurso pour une année encore. Ce qui est de bon augure pour la cause sahraouie, car à l’origine, la Minurso, mise en place en 1991 par la résolution 690 du Conseil de sécurité, avait pour mission de consolider le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario».
Quant au contexte ayant abouti à la résolution, que notre interlocuteur décrit comme «Très délicat», en ce sens que, selon lui, «les relations internationales sont un domaine complexe où s’entremêlent la puissance et les intérêts», Hakim Boughrara a ajouté que «le droit ne joue pas pleinement son rôle».
Tout en soulignant que «le texte de résolution présente plusieurs contradictions», notre interlocuteur a affirmé que «l’Algérie a fait d’énormes efforts pour rétablir l’équilibre».
Et de révéler que «l’Algérie est parvenue à inclure un élément essentiel, à travers lequel l’ONU est désormais tenue d’appliquer l’ensemble des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, mettant fin ainsi au fait que les précédents textes fassent mention uniquement des résolutions adoptées depuis 2007».
Ainsi, le nouveau texte place toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur un pied d’égalité, avance-t-il. Aussi, selon Hakim Boughrara, «la version initiale du projet était clairement partiale en faveur de la thèse marocaine, l’Algérie, par ses tractations, a réussi à faire en sorte que la nouvelle mouture du texte soit mutuellement acceptée par les deux parties en conflit et permette ainsi au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination».
Ferhat Zafane
