Ce système permet de localiser et de réagir rapidement aux pannes et de collecter des données en temps réel.
Le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, a annoncé, jeudi, le lancement, en 2026, d’une opération de réhabilitation du système de maîtrise et de télésurveillance du réseau électrique national. Lors d’une plénière au Conseil de la nation consacrée aux questions orales, le ministre a précisé que cette opération concerne spécifiquement le dispositif SCADA, exploité par la Sonelgaz. Le dispositif SCADA est le système de télésurveillance et de contrôle utilisé par Sonelgaz pour superviser et contrôler ses réseaux électriques et de gaz. Cette réhabilitation a pour objectif d’«améliorer davantage le service public de l’électricité» sur l’ensemble du territoire national. Elle portera concrètement sur le système de supervision et de télécontrôle qui permet de surveiller, commander et réguler les flux d’électricité à travers le réseau national. L’opération comprendra la mise à niveau technique du dispositif existant, ainsi qu’un travail de modernisation des équipements de communication et des infrastructures numériques utilisées par les centres régionaux de contrôle.
Ces travaux seront menés sous la supervision de la Sonelgaz qui gère déjà les infrastructures de transport et de distribution à haute tension. Le ministre a précisé que le projet de réhabilitation du système «SCADA», qui sera mis en œuvre sur une période de cinq ans, nécessitera des investissements considérables. L’entreprise chargée de sa réalisation a déjà été sélectionnée, et la première phase de l’opération débutera dans les grandes villes avant d’être étendue progressivement à l’ensemble des wilayas du pays. Grâce au système «SCADA», les centres de supervision et de contrôle relevant du Groupe Sonelgaz, peuvent localiser avec précision les pannes sur les réseaux régionaux de distribution d’électricité, facilitant ainsi une intervention rapide pour leur réparation. Selon le ministère, cette réhabilitation répond à la nécessité de renforcer la fiabilité du réseau électrique national et d’assurer un suivi plus efficace des installations. Il a, également, souligné que la croissance de la demande, l’extension du réseau et la diversification des capacités de production rendent nécessaire la modernisation des systèmes de pilotage.
Renforcer la sécurité
L’initiative s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par les pouvoirs publics pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Ces dernières années, le gouvernement a lancé plusieurs programmes de modernisation et de fiabilisation des infrastructures. Parmi ceux-ci le Programme national de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, qui vise 27% d’énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité d’ici 2030 et à la mise en place d’un cadre incitatif pour le raccordement au réseau. Le ministre a, à l’occasion, a réaffirmé la mobilisation permanente du secteur pour répondre aux besoins des citoyens en électricité et en gaz, y compris dans les zones éloignées, conformément aux instructions du président de la République. Le recours à l’exploitation des panneaux solaires est notamment envisagé pour l’approvisionnement des zones les plus reculées.
Le défi de l’exportation
Le lancement de la réhabilitation du dispositif SCADA marque une étape importante dans l’effort national visant à bâtir un réseau électrique plus fiable, plus réactif et capable de desservir l’ensemble de la population algérienne. Il est également crucial pour l’alignement du réseau électrique national sur les ambitions du pays de soutenir l’économie grâce à l’exportation de l’électricité. L’Algérie exporte déjà de l’électricité vers les pays voisins via des interconnexions de 400 MW par ligne.
L’Algérie qui dispose d’un surplus de production, a adopté une stratégie centrée sur le développement de l’investissement dans le secteur de l’énergie électrique et l’orientation de l’excédent vers l’exportation. Le succès de cette stratégie repose sur la modernisation des réseaux et la conclusion d’accords commerciaux solides.
Saïd S.
