La valeur des biens découverts par le bureau de l’Office central de répression de la corruption au cours des enquêtes financières ayant concerné 288 personnes, issues de divers secteurs, s’élève à 240 milliards de dinars.
Décidément, la cupidité et le gain facile n’ont pas de limites. Les chiffres rendus publics, dans son dernier rapport, par le Bureau de l’Office central de répression de la corruption (OCRC), révèlent l’ampleur des biens découverts lors des enquêtes financières menées depuis le début de l’année 2024. Des affaires , lesquelles ont concerné des personnalités, des fonctionnaires et des opérateurs issus de divers secteurs.
Le Bureau a indiqué avoir exécuté 35 commissions rogatoires, dont trois au cours de l’année 2025, en coordination avec les autorités judiciaires compétentes.
Selon le rapport financier annexé au projet de loi de finances 2026, la valeur totale des biens suspects découverts ou saisis s’élève à 240 milliards de dinars (soit 2 400 milliards de centimes), impliquant 288 personnes ayant fait l’objet d’enquêtes financières approfondies.
1300 missions d’enquêtes
Le rapport précise que ces résultats sont le fruit d’investigations de terrain et de vérifications directes menées par les agents du Bureau, la police judiciaire ayant effectué 1 297 missions d’enquête depuis le début de 2024, dont 629 missions pour la seule année 2025, dans le cadre de la lutte contre la corruption et de la récupération des fonds détournés.
Ce qui témoigne, selon la même source, de l’élargissement de la coopération institutionnelle entre les différents organes de contrôle et de justice. D’autant que le rapport fait également état de 1 487 signalements reçus l’an dernier, contre 1 150 cette année.
Des enquêtes à dimension nationale et internationale
Enfin, le Bureau central de répression de la corruption a affirmé, dans son document, vouloir étendre ses enquêtes à dimension nationale et internationale au cours de l’année prochaine, avec une augmentation de 26 % du rythme des opérations. Pour ce faire, un accent particulier sera mis sur le développement des technologies modernes de collecte et d’analyse des données financières, afin de renforcer l’efficacité du contrôle des flux monétaires et de la traçabilité des fonds, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.
Interdiction de sortie et comptes bancaires bloqués
Dans son dernier rapport relatif de ses activités entre 2020 et 2024, le bureau de l’OCRC a fait état de l’enregistrement de 5.309 plaintes et signalements liés à la corruption et traité 68 dossiers. Ces affaires ont conduit à la prononciation de 159 interdictions de sortie du territoire national (ISTN). Ce qui illustre la gravité des faits reprochés et les enjeux juridiques et financiers en cause. L’impact économique des actions menées est également considérable. L’OCRC indique que ses enquêtes ont abouti au blocage de 33 comptes ou transactions bancaires suspectes, ainsi qu’à la saisie de 16 biens immobiliers.
Investigation au ministère du Commerce extérieur
Pour rappel, une vaste enquête menée au niveau du ministère du Commerce extérieur a conduit, la semaine passée, à l’incarcération de 17 personnes, dont neuf fonctionnaires et huit opérateurs économiques. Plus concrètement, cette enquête pour corruption concerne des importations de matière première. Selon les premiers éléments de l’enquête, les mis en cause ont accepté des versements financiers d’une certaine ampleur en échange de la délivrance de permis d’importer des matières premières. L’enquête se poursuit. Il n’est pas à exclure que d’autres acteurs, soient entendus, voire mis en examen. En effet, le Parquet de Dar El-Beida (Alger) a précisé que l’enquête judiciaire se poursuit afin de faire toute la lumière sur l’affaire et d’identifier d’éventuels complices. Des enquêtes qui pourraient annoncer une nouvelle phase dans la politique nationale anticorruption.
Pas de relations avec les banques fictives étrangères
La Banque d’Algérie a publié, dans le Journal officiel n°68, le règlement n° 25-14 du 24 septembre 2025 modifiant et complétant le règlement n° 24-03 du 24 juillet 2024 relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Cette modification a trait aux relations des banques et établissements financiers ainsi que les services financiers d’Algérie Poste, aux bureaux de change et aux prestataires de services de paiement avec leurs homologues étrangers.
La plus importante des mesures prises concerne les relations avec les banques fictives étrangères. Le règlement stipule qu’«il est interdit aux institutions assujetties, lorsqu’elles agissent en tant qu’institutions correspondantes, d’établir ou de maintenir toute relation de correspondance bancaire avec des banques fictives étrangères.» Elles doivent, en outre, «parvenir à la conviction que les institutions répondantes n’autorisent pas l’utilisation de leurs comptes par des banques fictives, que ce soit directement ou indirectement.»
Synthèse Badis B.
