Le ministère de la Santé a annoncé, vendredi, l’enregistrement de cinq cas confirmés de diphtérie dans la wilaya de Skikda, dont deux décès : un jeune homme de 25 ans de nationalité étrangère et une fillette de 12 ans non vaccinée contre cette maladie infectieuse.
Une cellule de crise a été mise en place au niveau de la direction de la santé et de la population de la wilaya dès l’enregistrement de ces cas, afin de suivre de près l’évolution de la situation épidémiologique et de prendre toutes les mesures de prévention et de soins nécessaires, en coordination avec les autorités locales, indique le communiqué. Les personnes ayant été en contact avec les malades ont été soumises à un traitement préventif (chimio prophylaxie). 514 personnes ont été vaccinées au cours des dernières 48 heures, dans le cadre d’une campagne préventive supervisée par les équipes de santé locales. Le ministère de la Santé a assuré que la situation est actuellement stable, grâce à un suivi rigoureux et quotidien à travers toutes les structures sanitaires de la wilaya, appelant les citoyens «à respecter le calendrier vaccinal, précisant que les vaccins sont disponibles dans toutes les structures de santé publique». Interrogé sur cette situation, le Dr Melhag Mohamed, chercheur en virologie, explique que «la diphtérie est causée par une bactérie dite “diphtérique” (ou Corynebacteriumdiphtheriae), qui s’attaque principalement au système respiratoire supérieur.
Cependant, les toxines sécrétées peuvent entraîner des complications graves au niveau du cœur, du système nerveux périphérique et des poumons». «La situation est bien localisée dans deux communes : Skikda et Filfila, donc le foyer infectieux est connu et bien pris en charge par les autorités sanitaires», rassure le Dr Melhag, tout en ajoutant: «Je ne dirais pas que la situation est alarmante, mais elle est inquiétante». Le Dr. Salama Kouache, spécialiste en santé générale, estime que cette épidémie en région côtière reste inhabituelle. «La diphtérie touche généralement les régions du sud de l’Algérie, notamment les zones peu vaccinées ou avec de nombreux échanges commerciaux». Concernant les cas à Skikda, il évoque plusieurs facteurs possibles, notamment le caractère touristique de la région et la présence récente de ressortissants africains, qui pourraient, selon lui, avoir été porteurs du germe. «Il est peu logique que la diphtérie remonte au nord sans déplacements humains venant du sud, surtout durant cette période de l’année où elle circule activement dans les régions du désert», a-t-il dit.
«En tant que porte d’entrée de l’Afrique vers l’Europe, l’Algérie se doit de renforcer la surveillance des mouvements de population et de contrôler les carnets de vaccination», rappelle le Dr Kouache. Les deux spécialistes insistent unanimement sur l’importance de la vaccination, qu’ils qualifient de seule protection fiable contre cette maladie potentiellement mortelle.
K.Z.
