Trump revendique un échange «historique» avec Poutine pour préparer la fin de la guerre en Ukraine. À la clé : un sommet annoncé à Budapest et une médiation américaine qui bouscule les équilibres européens.
Par Rédaction de Crésus
C’est une conversation téléphonique qui risque de marquer un tournant dans la diplomatie mondiale. Ce 16 octobre 2025, Donald Trump a annoncé avoir conclu un échange «très productif» avec Vladimir Poutine, un dialogue de 84 minutes présenté comme un pas décisif vers la fin de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Dans un long message publié sur Truth Social, le président américain a détaillé les contours de cet entretien aux accents d’initiative historique.
Trump affirme que le président russe l’a félicité pour ce qu’il appelle «la grande réalisation de la paix au Moyen-Orient», une référence à l’accord récent entre l’entité sioniste, plusieurs États arabes et Washington, qu’il décrit comme un rêve «attendu depuis des siècles».
Fort de ce succès symbolique, l’ancien magnat estime que cette dynamique pourrait s’étendre à l’Europe de l’Est. «Le succès au Moyen-Orient aidera à mettre fin à la guerre avec la Russie et l’Ukraine», écrit-il, mêlant optimisme stratégique et mise en scène de sa propre stature de médiateur global.
L’échange aurait aussi abordé la question du commerce bilatéral entre Moscou et Washington «une fois la guerre terminée». Selon Trump, les deux dirigeants ont convenu de la tenue d’une rencontre de leurs «conseillers de haut niveau» dès la semaine suivante. À la tête de la délégation américaine : le secrétaire d’État Marco Rubio, nouveau visage d’une diplomatie trumpiste cherchant à se distinguer de celle de ses prédécesseurs.
Mais la phrase la plus lourde de sens concerne une éventuelle rencontre physique entre Trump et Poutine à Budapest, en Hongrie — pays dont le Premier ministre Viktor Orbán se pose en passeur entre les deux mondes. Objectif affiché : «Mettre fin à cette guerre infâme» et redéfinir l’équilibre continental.
Trump conclut en annonçant qu’il recevra Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche dès le lendemain, pour «discuter des progrès réalisés avec Poutine». Un signal d’ouverture, mais aussi de rapport de force. Car derrière la rhétorique d’une paix «glorieuse», se dessine un scénario où Washington reprend la main sur le dossier ukrainien, reléguant Bruxelles et l’OTAN au second plan.
Cet appel entre les deux dirigeants, intervenu dans un contexte de recomposition mondiale, consacre un retour spectaculaire de la diplomatie personnelle et transactionnelle de Trump. Un style mêlant gestuel d’homme de paix et calcul de stratège, où chaque mot pèse comme un coup de poker sur l’échiquier géopolitique.
R.C.
