Depuis le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre à midi, Ghaza tente de respirer après deux ans d’affrontements meurtriers.
Par Rédaction de Crésus
L’ONU et ses partenaires humanitaires ont repris leurs opérations dans plusieurs zones jusque-là inaccessibles, tandis que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité la libération de 20 otages sionistes et de 1 809 détenus palestiniens, ainsi que la restitution de 90 corps, dont 45 Palestiniens et 4 Sionistes.
Un plan d’urgence en 60 jours
Le chef humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a présenté un plan de 60 jours visant à venir en aide à 2,1 millions de personnes avec une aide alimentaire. L’objectif est aussi de rétablir les réseaux d’eau pour 1,4 million d’habitants, d’assurer des abris avant l’hiver et d’ouvrir des espaces éducatifs pour 700 000 enfants.
Cette relance humanitaire nécessite 1,9 million de litres de carburant par semaine, la réouverture de plusieurs points de passage et une protection accrue du personnel humanitaire.
Un bilan humain accablant
Selon le ministère de la Santé de Ghaza, entre le 8 et le 15 octobre, 68 Palestiniens ont été tués et 328 blessés, portant le bilan global depuis octobre 2023 à 67 938 morts et 170 169 blessés. Parmi eux, 463 décès liés à la malnutrition, dont 157 enfants. Les violences autour de la distribution d’aide ont causé 2 615 morts et plus de 19 000 blessés.
Côté sioniste, 468 soldats ont péri et 2 967 ont été blessés depuis le début de l’opération terrestre en 2023, tandis que 1 668 civils et étrangers ont trouvé la mort, essentiellement lors de l’attaque initiale du 7 octobre 2023.
Destruction massive et déplacements
Les services de gestion des sites signalent plus de 390 000 mouvements de personnes depuis la trêve, dont 93% du sud vers le nord. L’ONU estime que les combats ont généré 61 millions de tonnes de débris, soit 169 kg par mètre carré. Ce champ de ruines entrave la reprise, complique les secours et pose un risque majeur à cause d’explosifs non désamorcés.
Accès humanitaire sous tension
Seules 15 ONG sont autorisées à faire entrer des camions d’aide. Sur 94 demandes de mouvements coordonnés avec les autorités sionistes, 53% ont été acceptées, 20% refusées et 19% bloquées.
Depuis la trêve, 949 000 repas ont été distribués par 21 partenaires, 2 980 m³ d’eau livrés chaque jour sur 351 points, et 61 espaces pour enfants ainsi que 32 pour femmes ont rouvert.
Financement limité
Sur les 4 milliards de dollars demandés pour le plan humanitaire 2025, seuls 1,3 milliard (31%) ont été débloqués. L’essentiel – 88% – est destiné à Ghaza. L’ONU avertit : sans financement ni accès, la trêve risque de n’être qu’une parenthèse avant une nouvelle catastrophe humanitaire.
R.C.
Source (OCHA – Humanitarian Situation Update, 16 octobre 2025)
