Par S. M.
Il y a des traîtrises qui pètent aux yeux, et des oublis qui sentent la lâcheté.
Quand, devant un micro, un cadre du Hamas — ce Khalil dont la mémoire chancelle — oublie volontairement de citer l’Algérie parmi les nations qui ont tout donné pour la Palestine, ce n’est pas une maladresse : c’est un crachat. Un crachat sur des décennies de sang, de paroles, de diplomatie et de solidarité qui firent battre le cœur de la cause palestinienne depuis Alger.
Que l’on ne vienne pas nous parler d’ego ou de maladresse : quand on efface un peuple qui a offert son sol, ses voix et ses ressources pour que vive une nation, on choisit l’ingratitude. Quand on banalise l’histoire au profit d’un storytelling construit dans l’urgence des tunnels, on profane la mémoire. Si cette déclaration reflète l’état d’esprit de l’ensemble des cadres, alors il faut le dire : c’est un reniement politique et moral, un tournant fâcheux que nos jeunes ont su sentir avant les vieux discours diplomatiques.
La réponse qui s’est levée — brute, vraie, numérique — n’est pas une colère vaine. C’est la fureur d’un peuple qui se souvient. Nos jeunes ont brandi l’histoire comme une banderole. Ils ont rappelé Alger, 1988, la proclamation, les soutiens, les batailles longues menées contre l’oubli. Leur patriotisme est une lame : nette, tranchante, implacable. Et cette lame a frappé juste.
Nous ne supplierons jamais une reconnaissance qu’on nous refuse. Nous ne mendierons pas de la gratitude. L’Algérie a l’âme vaste. Elle a porté la Palestine sans réclamer de trophée. Mais à l’ingratitude publique, il convient de répondre par la vérité et la dignité. Que les hypocrites restent à leurs affaires : l’Histoire écrira qui fut fidèle.
Aux jeunes d’Algérie, merci : vous êtes le juge et le cœur. À ceux qui croient pouvoir réécrire les alliances sous la lumière blafarde des caméras, sachez-le : vos oublis ne corrompront pas nos mémoires. Nous sommes ici pour durer, pour rappeler, pour exiger que le récit reste honnête. Et si la politique vacille, la mémoire ne plie pas.
Le monde peut applaudir l’oubli — nous choisirons la mémoire. Nous choisirons la résistance moralement lucide. Et nous écrirons, haut et fort, que l’Algérie ne se tait pas, que l’Algérie ne se renie pas, et que notre jeunesse, debout, est l’avenir irrévocable d’un peuple qui refuse la honte.
Que l’amnésie sache : la fraternité sans fidélité est imposture. Nous n’accepterons pas la profanation de l’histoire. L’Algérie riposte par colère et action.
S.M.
