Le président Tebboune a salué, jeudi dernier, lors de son discours devant les cadres de l’Armée nationale, «les efforts qui ont permis de franchir des étapes considérables dans le processus d’édification de l’Algérie nouvelle et victorieuse» et d’«avancer d’un pas sûr et confiant sur la voie du renforcement des vecteurs de l’essor stratégique de notre pays, grâce au dévouement, à la loyauté et à l’abnégation de ses enfants, qui resteront fidèles au message de nos glorieux aïeux, mais aussi aux martyrs du devoir national ayant préservé l’État et son caractère républicain».
Le régime républicain repose sur une doctrine centrée sur la citoyenneté dans un État organisé en république. Dans son acception politique, il défend l’idée selon laquelle l’objectif de l’État, comme de ses décisions, doit être le bien commun, et non la prospérité de ses seuls dirigeants. Par ailleurs, l’article 15 de la Constitution actuelle énonce un principe fondamental : la séparation des pouvoirs. Ce principe essentiel constitue le pilier de tout système républicain. Il consiste à répartir les compétences entre les pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif, afin d’assurer leur indépendance et d’empêcher les abus de pouvoir, souvent concentrés entre les mains d’une seule personne, le chef de l’État.
Un message adressé aux sceptiques
La préservation du caractère républicain de l’État n’est donc pas un vain mot. Mais pourquoi le chef de l’État a-t-il jugé nécessaire de souligner cette notion ? C’est une réponse à ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, insinuent que l’Algérie serait entrée dans une phase autoritaire, sans tenir compte des enjeux sécuritaires qui menacent le pays, notamment aux frontières avec les États du Sahel. C’est aussi un message clair adressé à ceux qui tentent, à l’intérieur du pays, de remettre en cause le caractère républicain de l’État pour le soumettre aux désidératas de courants rétrogrades.
Une poussée de fièvre sur les réseaux sociaux, alimentée par des relents du courant islamiste, cherche à parasiter le modèle républicain de l’État. Depuis plusieurs mois, ces courants propagent des idées visant à dégrader le débat public. À titre d’exemple, à Jijel, durant l’été, certains habitants ont voulu défier l’autorité de l’État en interdisant l’accès à la plage aux personnes ne respectant pas une tenue conforme aux principes islamiques. Même si ces réactions sont impulsives et souvent passionnelles, le danger est bien réel. Les réseaux sociaux sont devenus un nouvel espace de contestation.
Vaincu militairement à la fin des années 1990, le courant islamiste tente aujourd’hui, par tous les moyens, de revenir sur la scène à travers cet outil redoutable qu’est Internet. Celui-ci favorise la désinformation, empêche le débat contradictoire et enferme les citoyens dans des bulles idéologiques.
Pourtant, le maintien de l’État républicain en Algérie est garanti par la Constitution de 1996, révisée en 2020, qui consacre un modèle républicain fondé sur un gouvernement et un Parlement élus. Les pouvoirs sont répartis entre la présidence, le gouvernement et le Parlement : le président nomme le gouvernement, tandis que le Parlement est élu au suffrage universel.
Le discours du chef de l’État au siège du ministère de la Défense nationale n’est pas anodin. Le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, a d’ailleurs rappelé, lors de la même occasion, que «les expériences tirées de l’Histoire ont démontré que les nations qui s’appuient sur leurs propres forces et ressources sont les plus à même de faire face aux menaces extérieures. Cela atteste que c’est en faisant corps que peuple, dirigeants et institutions de l’État forment la pierre angulaire pour construire la sécurité nationale et concrétiser la stabilité systémique de l’État».
Ainsi, le chef de l’État, tout comme le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, ont défendu un même principe : celui du caractère républicain de l’État et de la nécessité d’éliminer le terreau islamiste qui continue de gangrener la société.
Mahmoud Tadjer
