Alors que l’économie mondiale traverse une période d’incertitudes inédites, Genève s’apprête à accueillir, du 20 au 23 octobre, la 16ᵉ Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED-16).
Par S. M.
Sous le haut patronage de la Suisse et de la secrétaire générale de la CNUCED, Rebeca Grynspan, cette rencontre internationale au Palais des Nations réunira ministres du commerce et des finances, dirigeants d’organisations multilatérales, économistes de premier plan et prix Nobel, dans un contexte de fragmentation accrue du système économique mondial.
L’enjeu est colossal : comment repenser le commerce, la dette et les investissements à l’heure où les chaînes d’approvisionnement vacillent, les dettes souveraines atteignent des niveaux records et les flux financiers se déplacent au gré des tensions géopolitiques ? À cela s’ajoute une révolution silencieuse : la transformation numérique, qui bouleverse à la fois la production, la finance et l’emploi, redéfinissant les rapports Nord-Sud.
Pour Mme Grynspan, «le développement n’est pas un luxe, c’est une nécessité». Cette phrase, devenue le leitmotiv de la conférence, résume l’urgence : rétablir la confiance dans une économie qui fonctionne pour tous, pas seulement pour les puissances industrielles. Les débats porteront sur la refondation d’un multilatéralisme économique inclusif, la stabilisation des flux d’investissement, la transition énergétique et les moyens de financer un développement durable dans un monde fragmenté.
Au-delà des déclarations, Genève espère voir émerger des propositions concrètes pour un nouvel équilibre économique international, fondé sur la transparence, la solidarité et la prévisibilité. UNCTAD16 s’annonce ainsi comme un moment charnière du dialogue Nord-Sud, où se jouera peut-être la redéfinition même de la mondialisation.
S.M.
