Dans une volonté de résorber les retards accumulés dans le secteur du logement, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Tarek Belaribi, a annoncé un vaste plan de relance des projets de Logements sociaux participatifs (LSP) restés à l’arrêt. L’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) a été officiellement chargée de la réalisation de 32.989 unités LSP à travers le territoire national.
Ce chantier s’inscrit dans le cadre de la feuille de route lancée en 2020 par le ministère pour assainir le dossier complexe du LSP, marqué depuis des années par des retards, des abandons de chantiers et des litiges avec certains promoteurs.
À ce jour, entre 2020 et 2024, 11.980 unités LSP ont déjà été relancées, a précisé le ministre. Dans le même temps, 36 promoteurs immobiliers défaillants ont vu leur agrément retiré dans 16 wilayas, faute d’avoir honoré leurs engagements pour environ 5.000 logements.
Déjà en mai 2025, le ministre annonçait le rôle croissant du Fonds de garantie de l’habitat, qui injecte un milliard de dinars de ses fonds propres pour débloquer 19 projets totalisant 1.500 logements à travers le pays. Cette initiative s’inscrit dans un effort de soutien ciblé aux programmes LSP et Logements promotionnels aidés (LPA).
«Cette opération n’aura aucun impact financier pour les bénéficiaires finaux. Le Fonds prendra en charge le différentiel de financement, sans frais supplémentaires pour les citoyens», a tenu à rassurer le ministre.
Déficit d’assiettes foncières
Abordant la problématique du logement rural groupé, Belaribi a expliqué que cette formule, bien qu’importante, se heurte à un manque d’assiettes foncières, notamment en zones urbaines. En conséquence, le gouvernement donne la priorité aux logements collectifs, plus efficaces en termes d’occupation du sol. Selon ses estimations, «sur une même surface, 600 logements sociaux collectifs peuvent être construits à la place de 100 logements ruraux.»
Concernant les logements publics locatifs de type F2, construits dans les années 1990 et souvent inadaptés aux familles nombreuses, un dispositif exceptionnel est en place pour permettre à ces familles d’accéder à des logements plus spacieux. Ce mécanisme, prévu par les circulaires de 2018 et 2020, exempte certaines catégories sociales du contrôle du fichier national du logement, facilitant ainsi leur relogement.
En parallèle, le ministère prépare activement le lancement du programme AADL 3, dont la première tranche comprendra 200.000 logements.
Au mois de septembre écoulé, le ministre Belaribi a souligné l’importance du caractère préventif de cette démarche. Il a précisé que des contrats définitifs seront remis aux bénéficiaires une fois les projets achevés. Il a également insisté sur l’impératif de finaliser toutes les procédures administratives et techniques liées aux actes fonciers de cette première tranche, et d’obtenir les permis de construire avant le démarrage effectif des travaux. Il a assuré que tous les moyens nécessaires ont déjà été mobilisés pour respecter les délais fixés.
Par ailleurs, le premier responsable du secteur a ordonné la mise en place d’une application numérique dédiée au suivi du programme AADL 3. Cet outil permettra de centraliser toutes les données relatives à l’avancement et à la qualité des travaux, tout en offrant un accès rapide aux documents administratifs nécessaires, facilitant ainsi la prise de décision au niveau de l’administration centrale de l’Agence AADL.
Enfin, sur le plan commercial, la phase de souscription au programme AADL 3 a inclus l’examen des recours déposés par les souscripteurs entre le 25 août et le 17 septembre, soit sur une période de 22 jours. Pour traiter ces dossiers avec rigueur, plus de 300 agents commerciaux ont été mobilisés par l’Agence, garantissant à chaque souscripteur le respect de ses droits.
Islam.K
