Le Jerusalem Post consacre un portrait à Khalil al-Hayya, figure centrale du Hamas et principal négociateur du mouvement islamiste dans les pourparlers sur Ghaza. Né à Ghaza, ancien professeur et cadre politique de longue date, Al-Hayya s’impose aujourd’hui comme l’un des visages les plus influents du bureau politique du Hamas, basé à Doha, où se concentre la direction extérieure du mouvement.
Son parcours est marqué par la perte tragique de trois de ses fils, deux tués lors de précédentes guerres sionistes et un troisième dans le conflit actuel. Cette tragédie personnelle nourrit une réputation d’homme dur, profondément convaincu que la résistance palestinienne doit s’accompagner d’une stratégie politique de survie.
À Doha, il mène les négociations indirectes avec l’entité sioniste, sous médiation du Qatar et de l’Égypte, pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu durable et la libération des otages. Al-Hayya représente cette génération de cadres capables de combiner idéologie, discipline et calcul diplomatique, sans jamais renier la ligne du Hamas : aucune paix réelle sans la fin du blocus et la reconnaissance des droits palestiniens.
Figure discrète mais redoutée, Khalil al-Hayya incarne la double face du Hamas contemporain — militaire par nécessité, politique par stratégie.
R.C.
