La problématique des raccordements illicites qui entrave la distribution d’eau potable et les fuites d’eau est une question centrale pour le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, qui n’a eu de cesse, d’exhorter les cadres de son département ministériel et de l’Algérienne des eaux (ADE) de lancer une vaste campagne nationale pour lutter contre ces problèmes.
Le ministre insiste d’ailleurs constamment sur la gestion idoine et la réalisation de réseaux et d’installation d’eau potable dans les différentes communes du pays. Outre ces recommandations pour pallier la rareté de ce liquide vital, le ministre de l’Hydraulique, a réitéré, hier à Djelfa où il était en visite de travail, la nécessité d’ancrer le principe de rationalisation de la consommation d’eau et à «exploiter les ressources en eau non conventionnelles pour l’irrigation agricole, tout en valorisant les installations d’assainissement». Comme il a insisté sur «la prise en charge sérieuse des préoccupations des citoyens et la numérisation des systèmes de gestion» pour une plus grande efficacité et un service public «à la hauteur de leurs attentes». Etant une région semi-aride, la demande croissante en eau et la sécurisation de l’approvisionnement à Djelfa ont fait que de nouveaux forages profonds depuis le champs hydrique du barrage d’Oum Droue ont été réalisés, l’an dernier, dans le cadre du programme complémentaire accordé à la wilaya sur décision du président de la République, qui prévoit le forage et l’équipement de 25 puits au total.
Ainsi, en instruisant les responsables de l’ADE à mobiliser les moyens logistiques et l’encadrement humain nécessaires des wilayas limitrophes au profit de la campagne de lutte contre les branchements illicites et les fuites d’eau, le premier responsable du secteur souligne que «la réalisation de cette opération doit s’appuyer sur des données fiables et précises, en premier lieu le recensement du nombre exact des fuites». Car, si pour Taha Derbal, l’eau des stations de dessalement est plus coûteuse d’où la nécessité de prendre toutes les mesures afin de la préserver, il n’a pas manqué de souligner que «l’État a fait le nécessaire pour assurer la disponibilité de la ressource en eau qui est en tête des préoccupations. Cela dit, «l’amélioration de l’approvisionnement en eau dépend aussi de la gestion de cette ressource et de la lutte contre les fuites et les branchements illicites», a-t-il soutenu.
Amélioration de l’approvisionnement
A ce propos, Taha Derbal a insisté auprès des responsables de l’ADE sur la nécessité d’informer les citoyens en cas de modification des plannings de distribution, souvent causée par des pannes techniques ou des travaux d’entretien périodiques. Aussi, a-t-il donné des instructions fermes aux responsables de la Direction de l’hydraulique pour «améliorer la gestion du secteur et redoubler d’efforts afin d’assurer l’acheminement de l’eau aux foyers et de remédier aux insuffisances constatées». Il est important de souligner que dans le cadre de la lutte contre la déperdition de l’eau potable, l’Algérie mise sur des stratégies variées incluant la réhabilitation des réseaux de distribution et la détection des fuites grâce à des équipes spécialisées et des technologies comme une application mobile et un guichet électronique.
Des campagnes de sensibilisation sont également menées pour inculquer la culture de l’économie de l’eau, tandis que des solutions technologiques comme les stations de dessalement et la réutilisation des eaux usées augmentent l’approvisionnement et réduisent la pression sur les ressources. De son côté, l’ADE intensifie les efforts de sensibilisation, d’intervention et de réhabilitation des réseaux de distribution. C’est pourquoi, dans un contexte marqué par le stress hydrique, l’ADE a engagé un plan d’action ambitieux, afin de préserver chaque goutte d’eau et d’assurer un service public de qualité. Si l’on devait se référer au bilan de la société pour l’année 2024, l’on constate que celui-ci illustre l’ampleur des efforts consentis. Les chiffres parlent de plus de 292.000 fuites réparées à travers le territoire national, ce qui a permis de récupérer 12 millions de mètres cubes d’eau. Dans le même temps, 17.000 branchements illicites ont été supprimés, représentant un volume économisé de 4 millions de mètres cubes.
A cela s’ajoutent 23 campagnes nationales de mutualisation des moyens qui ont mobilisé pas moins de 220 équipes réparties sur 23 unités régionales. Ces résultats traduisent une action concrète sur le terrain qui a réduit considérablement les pertes, renforcé la fiabilité des réseaux et amélioré l’équité dans l’accès à l’eau potable.
Ferhat Zafane
