Cette annonce a surpris l’entité sioniste et bouleversé l’équilibre diplomatique autour du conflit.
Le mouvement Hamas a annoncé qu’il acceptait de libérer tous les prisonniers qu’il détient, soldats et officiers, conformément à la formule d’échange figurant dans le plan du président américain, Donald Trump, et qu’il est prêt à entamer immédiatement, par l’intermédiaire de médiateurs, des négociations pour en discuter les détails.
Cette position a été accueillie favorablement et rapidement par le président Trump, qui a publié la déclaration du Hamas sur son compte personnel sur la plateforme Truth Social, en déclarant: «Sur la base du communiqué du Hamas, je pense qu’ils sont prêts pour une paix durable», avant d’ajouter : «Israël doit cesser immédiatement de bombarder Ghaza afin que nous puissions libérer les otages en toute sécurité et rapidement.»
Cette annonce a surpris l’entité sioniste et bouleversé l’équilibre diplomatique autour du conflit. Pour de nombreux observateurs, Donald Trump a prouvé qu’il restait le seul dirigeant capable d’imposer un arrêt de la guerre à Benyamin Netanyahou.
Le dilemme du Hamas
Les jours ayant précédé la réponse du Hamas ont été marqués par un large débat sur la pertinence du plan Trump, un texte complexe, mêlant propositions humanitaires, clauses sécuritaires et dispositions politiques controversées. Le mouvement Hamas faisait face à une épreuve redoutable : comment accepter un projet perçu comme imposé de l’extérieur sans renoncer aux droits nationaux du peuple palestinien ?
Refuser la proposition aurait exposé le Hamas à des accusations d’intransigeance et d’indifférence au sang palestinien. L’accepter sans conditions aurait signifié un renoncement à sa légitimité historique. Le mouvement a donc opté pour une réponse d’une grande intelligence politique et stratégique, conciliant pragmatisme et fidélité aux principes.
Le Hamas a d’abord reconnu les efforts de Trump et des pays arabes et musulmans en faveur de la paix, permettant à l’ancien président américain d’endosser le rôle de «faiseur de paix» sur la scène internationale. Ensuite, il a séparé les enjeux humanitaires et politiques : acceptation de la libération des prisonniers selon les termes du plan, mais conditionnée à un cessez-le-feu, la fin de l’occupation, le refus du déplacement forcé et l’entrée de l’aide humanitaire.
Le mouvement a également donné son accord de principe pour confier la gestion de Ghaza à une autorité palestinienne indépendante, composée de personnalités neutres, conformément à la résolution du sommet arabe du Caire de mars 2025. Enfin, il a renvoyé les questions nationales -souveraineté, armes de la résistance, autodétermination- vers un cadre palestinien unifié, réaffirmant que le sort du peuple ne peut être décidé qu’à travers un consensus collectif.
Le piège politique déjoué
Ce positionnement habile a renvoyé la balle dans le camp de Netanyahou, désormais sommé de répondre non seulement à Washington, mais aussi à l’opinion publique sioniste. Selon la radio militaire sioniste, l’armée maintient ses positions dans la bande de Ghaza sans avancer ni reculer, tandis que les frappes se poursuivent.
Les autorités sionistes ont confirmé être entrées dans la première phase des négociations sur le retour des otages, sous supervision directe de Jared Kushner et de l’équipe Trump. Ces pourparlers devraient durer «des jours plutôt que des semaines», signe de la pression exercée par Washington.
Mais Netanyahou, fidèle à sa stratégie d’usure, pourrait tenter de gagner du temps, en prétextant la nécessité de clarifier les détails de l’accord avant d’arrêter totalement les opérations militaires. Il pourrait aussi chercher à imposer au Hamas une tutelle américano-internationale sur Ghaza, maintenant ainsi un contrôle sécuritaire sioniste et retardant toute perspective d’État palestinien souverain.
Face à ce tournant, les pays arabes ont un rôle déterminant à jouer. Il leur appartient de soutenir politiquement le Hamas, tout en maintenant une pression diplomatique sur Washington et l’occupant. L’Égypte, le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite, en particulier, sont appelés à garantir l’arrêt des bombardements et à préserver l’idée d’une autorité palestinienne indépendante gérant Ghaza, sans tutelle étrangère.
Un dialogue national palestinien doit s’engager pour aborder les questions essentielles de la résistance, de la souveraineté et de l’unité entre la Cisjordanie et Ghaza.
Le soutien international à la reconnaissance de l’État palestinien, désormais appuyé par 158 pays membres de l’ONU, confère à cette démarche une légitimité accrue.
Donald Trump a qualifié la fin de la guerre à Ghaza d’«opportunité historique» pour la paix au Moyen-Orient, à condition que la communauté internationale et les États arabes agissent ensemble pour contenir l’extrémisme sioniste.
Il s’agit, pour le monde arabe et musulman, d’une responsabilité historique : exercer une pression sur Washington afin d’imposer un cessez-le-feu immédiat et de favoriser une paix juste et durable, fondée sur la dignité et la création d’un État palestinien souverain avec Jérusalem pour capitale.
Assia M.
