Le tribunal criminel d’appel d’Alger s’apprête à rouvrir ses audiences avec un programme particulièrement chargé. De nombreux dossiers relatifs à l’atteinte à la sécurité de l’État et à l’intégrité du territoire national seront examinés au cours de cette nouvelle session. Parmi les affaires les plus attendues figurent notamment le dossier de Tiguentourine, celui du gendarme déserteur Mohamed Abdellah, ainsi que celui de Mira Mokhnache, renvoyé après cassation suite à l’acceptation du pourvoi du procureur général par la Cour suprême. Le tribunal statuera également sur plusieurs autres affaires criminelles renvoyées après cassation, dont celles de deux dangereux narcotrafiquants, Oussama Hanniche et Ahmed Youssefi, connus sous les surnoms de «Pablo Escobar» et «Saïd l’Émigré».
Ces dossiers portent sur des activités de trafic de stupéfiants à grande échelle et de blanchiment d’argent. Les présidents désignés par le premier responsable de la cour d’Alger examineront par ailleurs de nombreux dossiers d’homicides volontaires, d’attentats aux mœurs, de vols qualifiés et d’associations de malfaiteurs. D’autres affaires concernent des détournements et dilapidations de deniers publics, ainsi que des transferts illicites de capitaux vers l’étranger. Cette session abordera également des dossiers relatifs à l’adhésion à une organisation terroriste et à l’apologie d’actes de terrorisme, impliquant notamment Ferhat Mehenni, chef du mouvement séparatiste interdit du MAK (Mouvement pour l’autodétermination) de la Kabylie). Ce dernier fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt internationaux pour espionnage et grande trahison au profit de puissances étrangères, dont l’État sioniste.
L’an dernier, le tribunal criminel d’Alger avait déjà prononcé des peines de trois ans de prison ferme à l’encontre de Hamza Benzaza, Nacer Boukhari et Smail Chabane, reconnus coupables d’adhésion au MAK et d’apologie du terrorisme. Ces derniers comparaissaient libres, contrairement à deux autres détenus, dont Hamza Benzerara, condamnés à des peines similaires. Dans le même registre, Mira Mokhnache, Arezki Hidja, Nadir Chelbabi, Riad Benajoud, Rabah Benajoud, Abderrazek Benajoud, Djamel Didi, Laïd Karouche, Souraya Sough, Menssina Kessi, Djamel Djaout, Mohamed Larbi Yahioune, Mourad Miche et d’autres mis en cause seront rejugés après cassation pour les mêmes chefs d’inculpation. Selon l’accusation, ces individus appartenaient à une organisation criminelle visant à déstabiliser la sécurité nationale et à créer un climat de division favorable aux desseins de Ferhat Mehenni, qualifié de « traître » et de chef terroriste par les autorités judiciaires.
Cette nouvelle session s’annonce donc dense et sensible, avec des dossiers emblématiques mêlant terrorisme, corruption, narcotrafic et atteinte à la sûreté de l’État.
R.H.
