Le procès en appel de Saïda Neghza, ancienne présidente de la Confédération nationale des entrepreneurs algériens (CGEA), doit se tenir demain devant la première chambre pénale de la cour d’Alger, présidée par Hammiche Kamel. Elle est poursuivie pour escroquerie et abus de confiance, dans une affaire qui l’oppose à un homme d’affaires. Déjà condamnée en première instance à une lourde peine, elle comparaîtra par visioconférence depuis la prison de Koléa, son état de santé ne lui permettant pas d’être physiquement présente à l’audience. L’audience prévue la semaine dernière avait été reportée, l’accusée n’ayant pas été transférée et la partie civile, absente. Les magistrats ont en outre rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée par ses avocats. Ces derniers avaient plaidé la dégradation de la santé de leur cliente depuis son incarcération, le 9 juillet dernier, mais le tribunal a estimé que les arguments avancés ne justifiaient pas un élargissement.
Pour rappel, Saïda Naghza avait été condamnée à quatre ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars, avec mandat de dépôt immédiat, dans le cadre du dossier dit de «l’achat de parrainages» à la présidentielle de 2024. Le jour du verdict, elle avait été transportée en urgence à l’hôpital Mustapha Pacha après un malaise, survenu une heure avant l’énoncé de la décision. Le parquet général, représenté par El Orabi Tahar, a requis en appel une sanction bien plus sévère : dix ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars, en invoquant des faits graves de fraude électorale et d’octroi d’indus avantages. Parallèlement, le procureur de la République près le tribunal de première instance avait requis huit ans de prison ferme contre les deux fils de l’accusée, cités dans la même affaire. Lors de son premier procès, le 3e pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed, spécialisé dans les affaires de malversations et de corruption, avait déjà prononcé à son encontre une condamnation à dix ans de prison ferme. L’audience avait été marquée par des scènes de tension. Dans le hall de l’ancien palais de justice, Saïda Neghza s’était emportée, en défiant les magistrats. Elle avait également interpellé la présidente du tribunal, Mme Dahmani Naïma, en affirmant qu’ «aucun des inculpés n’est concerné, ni de près ni de loin, par cette affaire» et que ses coaccusés «sont innocents des accusations graves portées à leur encontre durant l’enquête et l’instruction». C’est donc un nouveau round judiciaire qui s’ouvrira demain.
La défense s’accroche à l’espoir de voir la peine allégée, tandis que l’accusation entend obtenir une condamnation exemplaire, considérant que les faits reprochés nuisent gravement à la crédibilité du processus électoral et à l’intégrité de la vie publique.
R.H.
