L’Algérie plaide pour des négociations directes et inconditionnelles entre les deux parties en conflit
L’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, en visite officielle en Algérie, a été reçu, mardi, par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf. Cette visite intervient à quelques semaines d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, en octobre prochain, sur la question du Sahara occidental, au cours de laquelle l’Envoyé personnel devrait soumettre un rapport au Conseil sur ses efforts pour mettre en œuvre le mandat qui lui a été confié. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Attaf a réitéré, à l’occasion, «le soutien de l’Algérie aux efforts du Secrétaire général, António Guterres, et de son Envoyé personnel, Staffan de Mistura, pour trouver une solution juste, durable et définitive à la question du Sahara occidental, garantissant le droit inaliénable et imprescriptible du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies». D’après la même source, Ahmed Attaf, a mis en exergue le «rôle central et vital» des Nations unies dans le règlement du dossier du Sahara occidental, notant au passage la «nécessité» pour l’ONU de soutenir tous les efforts et initiatives visant à organiser des négociations directes et inconditionnelles entre les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario. En conclusion, Attaf a souligné «l’attachement de l’Algérie à la nécessité de respecter la doctrine internationale établie en matière de décolonisation, saluant le rôle de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), comme l’un des aspects de l’engagement de la communauté internationale en faveur de la décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie du continent africain».
Crise humanitaire latente
Loin d’être un simple territoire oublié, le Sahara occidental se révèle comme le théâtre d’une crise humanitaire silencieuse qui exige l’attention et l’action de la communauté internationale. Dans un rapport sur la question du Sahara Occidental qui couvre la période du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa «vive préoccupation» face à la poursuite de la détérioration de la situation dans les territoires sahraouis occupés, du fait des violations continues des droits de l’Homme commises par le Maroc. Evoquant ces violations marocaines commises dans les territoires occupés, le patron de l’ONU a souligné, dans son rapport, que l’occupant marocain «continue d’interdire au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) l’accès au territoire depuis 2015, malgré de multiples requêtes en ce sens et en dépit des résolutions du Conseil de sécurité sur la question, la dernière en date étant la résolution 2756 (2024)».
Droits de l’homme bafoués
Le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits Humains au Sahara Occidental (CODESA) a officiellement déposé un rapport accablant devant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), dénonçant une litanie de violations systématiques. De nombreux militants sahraouis de défense des droits de l’homme croupissent dans les prisons marocaines, alors que d’autres subissent un harcèlement permanent dans les territoires occupés, où les violations marocaines se déroulent à huis clos, Rabat empêchant tout accès aux journalistes étrangers, aux ONG et aux responsables onusiens souhaitant enquêter sur place.
La seule issue possible
Le Sahara Occidental reste, selon l’ONU, un territoire non autonome en attente de décolonisation. Pour la République arabe sahraouie démocratique, le plan de règlement ONU-OUA, qui a été mutuellement accepté en 1988 par les deux parties, le Front Polisario et le Maroc, et approuvé à l’unanimité par le Conseil de sécurité dans ses résolutions 658 (1990) et 690 (1991), est le seul accord de compromis mutuellement accepté, pratique et raisonnable pour parvenir à une solution pacifique, juste et durable.
Mais l’impasse demeure, bloquée par l’intransigeance du Maroc, qui refuse tout référendum d’autodétermination qui demeure la seule issue légitime et légale, permettant au peuple sahraoui de décider souverainement de son avenir. Toute autre option notamment le prétendu «plan d’autonomie», n’est qu’une manœuvre pour enterrer la cause sahraouie.
Saïd S.
