L’enjeu est de taille : donner un nouveau souffle à une organisation panafricaine qui se veut un espace de concertation, de dialogue et de coopération entre parlements nationaux.
L’Union parlementaire africaine (UPA) est engagée dans un processus de réforme destiné à moderniser ses textes et à adapter son fonctionnement aux défis contemporains du continent. C’est dans ce cadre que la commission chargée de la révision des amendements a tenu, hier à Alger, une réunion au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN).
L’enjeu est de taille : donner un nouveau souffle à une organisation panafricaine qui se veut un espace de concertation, de dialogue et de coopération entre parlements nationaux. Le secrétaire général de l’UPA, Idi Gado Boubacar, a rappelé que ce chantier de réforme a été lancé en décembre 2023, en vue de «mettre les textes au diapason des exigences de notre époque, renforcer le rôle de l’Union et soutenir sa dynamique».
Des amendements aux multiples volets
Les discussions portent sur plusieurs volets essentiels. Les amendements envisagés concernent notamment la composition de l’UPA et les critères d’adhésion des parlements nationaux, mais aussi les méthodes de travail et les mécanismes de prise de décision. Selon Boubacar, l’objectif principal est d’assurer une meilleure concrétisation des principes fondateurs de l’organisation et de rendre son action plus efficace, notamment dans la défense des causes africaines sur la scène internationale.
Le responsable a tenu à saluer l’appui des autorités algériennes, qui ont mis à disposition les moyens nécessaires pour le bon déroulement des travaux. Il a relevé que les débats se sont déroulés dans une ambiance cordiale et constructive, marquée par la participation active des délégations représentant cinq pays auteurs des propositions d’amendements. Cette pluralité illustre la volonté des membres de contribuer collectivement à la modernisation de l’Union.
Pour sa part, le président de la commission, Pierre Flambeau Ngayap, a insisté sur la portée stratégique de cette rencontre. «Cette réunion vise à poursuivre les débats autour des propositions en vue de leur soumission à la prochaine conférence des présidents des parlements membres de l’UPA», a-t-il expliqué, soulignant que les parlementaires africains travaillent «avec la même volonté» pour consolider la dynamique de l’organisation.
L’étape actuelle constitue une phase préparatoire cruciale. Le rapport final de la commission sera d’abord présenté au comité exécutif de l’UPA avant d’être soumis à l’approbation des présidents des parlements nationaux. Cette conférence, qui se tiendra en novembre prochain en République démocratique du Congo, devrait marquer un tournant pour l’Union parlementaire africaine, appelée à renforcer sa place dans le paysage institutionnel du continent.
Cette démarche s’inscrit également dans un contexte régional et international en constante évolution, où les instances parlementaires africaines cherchent à jouer un rôle plus affirmé dans la gouvernance, la prévention des conflits et la promotion de la démocratie. En actualisant ses statuts, l’UPA entend se doter d’outils plus adaptés pour répondre aux attentes des peuples africains et défendre les intérêts communs des États membres face aux mutations mondiales.
Au-delà de l’aspect technique, cette révision des textes traduit la volonté d’insuffler une nouvelle dynamique au sein de l’organisation. Elle reflète aussi la prise de conscience des parlementaires africains quant à la nécessité d’unir leurs efforts pour relever collectivement les défis économiques, politiques et sécuritaires du continent.
La rencontre d’Alger constitue donc une étape charnière d’un processus de réforme qui ambitionne de consolider la voix parlementaire africaine sur la scène internationale. En novembre, à Kinshasa, la conférence des présidents des parlements membres de l’UPA devra trancher sur les amendements proposés, ouvrant la voie à une Union parlementaire plus forte, plus inclusive et mieux adaptée aux réalités du XXIe siècle.
A.M.
