Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’a affirmé avec aplomb lors de sa dernière entrevue avec la presse nationale : «L’Algérie n’est pas isolée».
À l’heure où certains analystes se plaisent à ressasser l’idée d’une prétendue marginalisation diplomatique de l’Algérie, les faits démentent catégoriquement cette lecture réductrice. Dans une contribution accordée au journal libanais L’Orient-Le Jour, Ali Bensaad, universitaire basé à Paris, avance que le Liban représenterait une «fenêtre d’opportunité» pour un pays en situation «d’isolement» sur la scène internationale et arabe. Une vision qui relève davantage d’un parti pris idéologique que d’une analyse lucide de la dynamique diplomatique actuelle.
L’Algérie ne s’enferme pas, elle s’impose.
Il suffit d’observer les récents développements pour comprendre que l’Algérie est loin d’être repliée sur elle-même. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’a affirmé avec aplomb lors de sa dernière entrevue avec la presse nationale : «L’Algérie n’est pas isolée». Cette déclaration ne tient pas d’un simple effet rhétorique, elle s’ancre dans une réalité tangible. Depuis plusieurs mois, les échanges bilatéraux se multiplient, tant sur le plan politique qu’économique. Après avoir reçu la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président Abdelmadjid Tebboune est désormais attendu en visite officielle en Allemagne, illustrant le regain d’intérêt des grandes puissances européennes pour le partenariat stratégique avec Alger.
Une centralité géopolitique
Contrairement à l’affirmation de Bensaâd, qui réduit le rôle du Liban à une caution symbolique utile pour la cause palestinienne, la diplomatie algérienne ne se limite ni à une seule région ni à une seule thématique. Elle rayonne sur plusieurs axes, de l’Afrique à l’Europe, en passant par le monde arabe. La récente visite en Algérie de Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, confirme la centralité géopolitique du pays dans les reconfigurations régionales. De même, l’accueil du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, venu saluer les efforts algériens pour une Afrique souveraine et intégrée, illustre cette influence croissante.
Dans ce même article publié par L’Orient-Le Jour, l’analyste Akram Kharief propose une lecture plus mesurée. Il rappelle que le Liban reste un partenaire culturel et commercial important, notamment pour son ouverture francophone et ses affinités historiques. Mais croire que ce lien découle d’un isolement géopolitique serait une erreur d’analyse. L’Algérie, en diversifiant ses alliances et en assumant des positions de principe — notamment sur la question palestinienne — construit une diplomatie cohérente, assumée et résolument proactive.
Une reconnaissance, au-delà des clichés
Loin des clichés d’un pays acculé, l’Algérie s’affirme aujourd’hui comme un acteur qui compte dans le dialogue euro-méditerranéen, la stabilisation régionale au Sahel et la revitalisation du continent africain. Elle se positionne en médiatrice dans plusieurs conflits, en soutien actif des causes justes, et en défenseur d’une souveraineté économique et politique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.
En témoignent aussi les multiples fora économiques et politiques auxquels elle participe. Du sommet des BRICS à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), en passant par le renforcement de ses liens avec la Chine, la Russie ou encore la Turquie, Alger mène une diplomatie à plusieurs vitesses, adaptée aux mutations du monde contemporain. Elle ne cherche ni l’alignement ni l’hostilité, mais des partenariats équilibrés. Cette approche est d’autant plus saluée que l’Algérie agit avec constance et sans agitation.
Ainsi, réduire la stratégie diplomatique algérienne à une quête de légitimité interne par la seule cause palestinienne revient à nier l’évolution profonde de ses engagements. Cette diplomatie nouvelle génération, articulée autour de la souveraineté, de la coopération et du refus de l’alignement, s’impose aujourd’hui comme un modèle de résilience et d’adaptation dans un monde en mutation.
Il est donc temps de dépasser les analyses figées, souvent dictées par une méconnaissance du terrain ou une lecture parisienne dépassée, pour reconnaître à l’Algérie sa place légitime sur la scène internationale. Non, l’Algérie n’est pas isolée. Elle avance, elle discute, elle rayonne. Et elle n’a nul besoin de justifier son action diplomatique par des artifices symboliques : ce sont les faits, et non les discours, qui parlent pour elle.
Assia M.
