Placé en détention provisoire à la prison de Koléa depuis le 14 janvier dernier pour outrage à un magistrat en plein exercice de ses fonctions, l’ex-avocat du barreau d’Alger Amara Mohsen a fait, avant- hier, l’objet d’une humiliation en pleine audience par l’ex-bâtonnier du barreau d’Alger en l’occurrence maître Abdelmadjid Sellini. Ce dernier sans hésitation aucune et devant la présidente de la 10e chambre pénale de la cour d’appel Mme Dahmani Naima a lancé des obscénités et injures en direction de l’avocat incarcéré qui a répliqué lui aussi en lançant : «Je n’ai pas besoin de vous. Je n’ai que faire de ta bouteille d’eau. Je n’ai pas soif. Vous n’êtes plus responsable du barreau. Vous avez toujours sali la réputation des magistrats et vous venez aujourd’hui pour leur faire croire que vous les aimez et respecter …».
Les trois magistrats sont restés bouche-bée et ont tout fait pour calmer les esprits mais en vain. L’ex-avocat qui a été radié du barreau de la capitale au temps de l’ancien bâtonnier Abdelmadjid Sellini est passé à maintes reprises devant les juges de la première chambre pénale par rapport à une ancienne plainte déposée par trois avocats du barreau d’Alger pour insultes, menaces de mort et coups et blessures volontaires. Lors de ces procès, il sera confronté à un membre du Conseil de l’ordre des avocats du barreau d’Alger en l’occurrence maître Chelli Nora Ould El Hocine. Cette dernière l’accuse de l’avoir insulté devant non seulement de ses collègues mais aussi en présence de certains citoyens. Cet ex-cadre de la Gendarmerie nationale est par ailleurs poursuivi pour avoir injurié un policier alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions. Lors de son passage à la barre, le mis en cause a nié tous les faits qui lui ont été reprochés estimant qu’il a fait l’objet «d’un coup monté de toutes pièces par les plaignants».
L’avocat en question est par ailleurs poursuivi dans plusieurs affaires similaires. Il a été jugé et condamné par le président du tribunal correctionnel d’Hussein Dey à une peine de trois ans de prison ferme. Il a également été arrêté au moment où il allait se constituer en tant qu’avocat dans une affaire pénale. Mohsen Amara a été rappelé à l’ordre par un membre du Conseil de l’ordre des avocats de la capitale pour se retirer de la salle d’audience avant qu’il ne soit destitué de la carte professionnelle. Le mis en cause a été rappelons le radié du barreau d’Alger par Abdelmadjid Sellini, ancien premier responsable qui avait déclaré lors d’un point : «Amara Mohsen ne fait plus partie de la corporation des avocats de la région d’Alger. Il est frappé d’une décision d’interdiction d’exercer la profession.
Récidives
C’est une décision qui a été prise à l’unanimité par les membres du conseil de l’ordre du barreau d’Alger. Il n’ouvre plus droit à parler en qualité d’avocat. Je me réserve le droit de le poursuivre en justice pour les propos diffamatoires qu’il ne cesse de répéter à chaque fois que l’occasion lui est donnée». Le point de presse avait été organisé rappelons le en signe de réplique aux déclarations faites par Me Mohsen Amara à la chaîne télévisée privée « Ennahar» et durant laquelle, ce dernier a dressé un dur réquisitoire contre le bâtonnier allant jusqu’à déclarer que «Me Sellini Abdelmadjid considérait que le bâtonnat est un bien privé et qu’aucun avocat n’a le droit de parler sans autorisation».
Ce jour-là l’ancien bâtonnier avait par ailleurs indiqué que «Amara Mohsen fait l’objet de pas moins de 18 affaires pénales suite à des plaintes déposées contre lui par des avocats dont des membres du Conseil de l’ordre des avocats de la région d’Alger. La plupart des accusations sont liées aux insultes et injures que ce dernier lance à l’encontre de ses ex-collègues dont des femmes en présence notamment des justiciables». Il avait en outre souligné qu’il se réservait le droit d’ester son ex-auxiliaire en matière délictuelle pour l’avoir insulté à maintes reprises tout en précisant que Amara Mohsen avait été déjà condamné dans une affaire similaire par le président du tribunal correctionnel de Sidi M’Hamed à une peine de six mois de prison ferme. L’ex- avocat Amara Mohsen a émis le vœu que ses dossiers pénaux soient transférés vers une autre juridiction autre qu’Alger pour « bénéficier de procès équitables ».
Cette demande a été faite au président de la première chambre pénale de la Cour d’appel d’Alger en l’occurrence Haichour Ali muté à la Cour de juridiction de Chlef en qualité de conseiller. A signaler que l’ex-avocat comparaîtra en septembre prochain pour plusieurs affaires pénales dont certaines après cassation.
R.H
