Faire appel à des bénévoles bien formés, c’est assurer une intervention rapide avec calme et concentration, à même de faciliter le sauvetage des sinistrés.
L’été a commencé annonçant ses pics de consommation en eau et en électricité et ses risques habituels, avérés (incendies de forêts, intoxications, alimentaires et autres, noyades…). A cet, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, a insisté, lors de sa visite dans la wilaya de Tlemcen, sur la nécessité de rehausser le niveau de vigilance pour protéger la richesse forestière nationale contre les incendies. Dans une déclaration de la presse, le ministre a rappelé la mobilisation de 20.000 agents à l’échelle nationale, en plus du renforcement des équipements et des moyens, ainsi que la mise en place de toutes les conditions juridiques et organisationnelles pour prévenir les incendies de forêts. Le ministre a précisé, dans ce cadre, que 55 avions et hélicoptères ont été mobilisés cette année, en plus de la location de 12 avions supplémentaires, outre l’utilisation de moyens technologiques, tels que les drones, ainsi que d’autres équipements spécialisés.
Au-delà des moyens matériels, le ministre a insisté sur l’importance du travail préventif anticipatif, notamment par l’ouverture de pares-feux, la réalisation de zones d’atterrissage pour les moyens aériens d’intervention rapide, la mise en place de points d’eau, et l’élimination des herbes sèches dans les zones adjacentes aux forêts, en particulier avant le début de la saison des moissons. Des moyens nécessitant des investissements colossaux.
Faire appel à la contribution citoyenne
Néanmoins, force est de reconnaitre que les moyens, aussi sophistiqués soient-ils, restent inefficaces sans l’intervention humaine. Dans cette optique, le mieux serait d’impliquer les citoyens dans la stratégie nationale de lutte contre les incendies de forêts. Et cela dans le cadre de brigades de volontaires, tel qu’adopté dans plusieurs pays. Il s’agit, spécialement, de bénévoles ayant suivi des formations de base pour comprendre les dangers et utiliser les équipements de protection. Des bénévoles répertoriés au niveau de la direction général de la Protection civile et des institutions de l’Etat au niveau local. Sur le plan réglementaire, le législateur algérien devrait adopter une loi à même de permettre à ces citoyens travaillant bénévolement dans les corps de pompiers volontaires d’avoir droit au remboursement de leurs dépenses nécessaires à ce travail bénévole et de la perte de revenus. En outre, une allocation de frais appropriée peut être versée. Outre leur participation à l’extinction des feux, ces bénévoles peuvent être mobilisés pour des actions de soutien, comme l’évacuation ou l’assistance aux personnes. Pour ce faire, il suffit de s’inspirer de l’opération « secouristes volontaires ».
Les vagues de 2021 et 2024
Part importante de la force de lutte contre les incendies, ces brigades de bénévoles, encadrées par des pompiers professionnels, auront à charge d’effectuer des patrouilles de surveillance, des actions de prévention, et de donner l’alerte en cas de besoin. Une telle contribution aurait, certainement, permis de limiter les pertes, aussi bien humaine que le patrimoine forestier, lors des incendies de 2021, 2023 et 2024 ayant touché plusieurs wilayas du pays. Des incendies ayant causé la mort d’une centaine de personnes dont dix éléments de l’Armée nationale populaire.
Plus de pouvoirs judiciaires aux forestiers
En Algérie, la Direction Générale des Forêts (DGF) possède des pouvoirs judiciaires dans le cadre de la gestion, de la protection et de la conservation du patrimoine forestier national. Ces pouvoirs lui permettent d’agir en matière de lutte contre les infractions forestières. Des pouvoirs de surveillance et de contrôle assurés par les officiers et agents de police judiciaire de la DGF. Certes, l’article 133 de la Loi n° 23-21 relative aux forêts et aux richesses forestières, définit les missions des « officiers et agents de police judiciaire relevant du corps spécifique de l’administration des forêts ».
Ils sont habilités à procéder à l’arrestation de tout individu pris en flagrant délit d’infraction et de le conduire immédiatement, après établissement d’un procès-verbal, devant le procureur de la République, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sauf si la résistance de l’auteur de l’infraction constitue pour eux une menace grave ». En outre, l’article 134 précise qu’ «en cas de nécessité impérieuse », ils peuvent « recourir à la force publique », sans pour, autant, définir les cas de nécessité impérieuse.
Badis B.
