La communauté algérienne en Europe est en émoi après deux crimes tragiques survenus à quelques heures d’intervalle en Suisse et en Allemagne. Deux jeunes vies fauchées brutalement, deux drames distincts mais liés par l’horreur et le sentiment d’abandon ressenti par les familles et les membres de la diaspora algérienne.
Vendredi, à l’aube, un adolescent algérien âgé de 17 ans a été retrouvé sans vie sur le quai de la gare de Herisau, dans le canton de Saint-Gall en Suisse. Selon les premiers éléments communiqués par la police locale, le jeune homme a été poignardé à plusieurs reprises avec une arme blanche. Alertée vers 03h45, une patrouille de police est rapidement intervenue. Sur place, les secours n’ont pu que constater le décès du jeune Algérien, résidant dans un centre fédéral pour demandeurs d’asile à Altstätten.
Le périmètre de la gare a été bouclé pendant plusieurs heures, le temps pour les enquêteurs de sécuriser les indices. Une enquête a été ouverte par le parquet suisse afin de déterminer les circonstances exactes du drame et d’identifier le ou les auteurs. Jusqu’à présent, aucune piste n’est privilégiée, et les motivations du crime restent floues.
Mais ce drame ne vient pas seul. Quelques heures plus tôt, en Allemagne cette fois, une autre jeune Algérienne, Rahma Aïad, 26 ans, originaire d’Oran, a elle aussi été assassinée à Hemmingen, près de Hanovre. Étudiante en soins infirmiers, elle aurait été tuée par son voisin, un ressortissant allemand âgé de 31 ans. Selon des témoignages relayés par la presse locale et les représentants de la communauté, le suspect aurait tenu dans le passé des propos à connotation raciste.
Le drame s’est déroulé dans l’appartement de la victime, où les voisins ont alerté les forces de l’ordre après avoir entendu des cris d’appel à l’aide. À leur arrivée, les policiers ont découvert la jeune femme grièvement blessée, victime de multiples coups de couteau. Malgré l’intervention rapide des secours, elle n’a pas survécu. Le suspect, interpellé sur place, reste en garde à vue en attendant la confirmation des charges.
L’émotion est immense au sein de la communauté algérienne d’Europe, qui exprime sa colère, son désarroi et sa peur face à la répétition de ces drames. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels ont été lancés pour demander justice, mais aussi une meilleure protection des ressortissants algériens vivant à l’étranger, en particulier ceux en situation de précarité ou d’isolement.
Face à l’indignation croissante, les autorités diplomatiques algériennes ont réagi. L’ambassade d’Algérie à Berlin a publié un communiqué pour annoncer le suivi de l’affaire de Rahma Aïad et la coopération étroite avec les services allemands. Le consulat général à Francfort a également exprimé son soutien à la famille et à la communauté locale, appelant au calme et à la confiance dans les mécanismes de justice.
Les enquêtes sont en cours dans les deux pays, mais les familles et la diaspora réclament des réponses concrètes, des mesures fortes et la reconnaissance de la vulnérabilité des jeunes exilés. Ces drames soulignent un malaise plus profond lié au regard porté sur les étrangers, à l’insuffisance des protections, et à l’urgence de garantir à tous le droit à la sécurité.
R.N.