L’Algérie va adhérer officiellement aujourd’hui au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC) lors d’une cérémonie de signature, dans le cadre des travaux de la 58ᵉ session de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, présent dans la capitale indonésienne depuis avant-hier.
Attaf a tenu, hier, à Kuala Lumpur des entretiens bilatéraux avec le SG de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Kao Kim Hourn. La rencontre a été consacrée à l’examen des perspectives de renforcement du partenariat entre l’Algérie et l’ASEAN, à la suite de l’adhésion de l’Algérie au traité propre à cette organisation régionale, à la lumière des valeurs communes que partage l’Algérie avec l’ASEAN ainsi que des relations bilatérales distinguées qu’elle entretient avec ses États membres. À ce jour, le TAC, composé de 51 pays participants, est devenu un fondamental et la base des relations et des comportements entre les pays de la région. Dès le début de sa création, l’ASEAN a fait de l’économie et du commerce le fondement et le moteur de la coopération régionale. Le développement des liens économiques et commerciaux a été marqué par la création de la zone de libre-échange de l’ASEAN (AFTA) en 1992 et les efforts visant à libéraliser le flux des échanges de biens, de services et d’investissements ainsi que l’adoption d’accords de libre-échange entre l’ASEAN et de nombreuses grandes économies du monde et l’entrée en vigueur du Partenariat économique global régional (RCEP), le 1er janvier 2022, et des contributions concrètes de l’ASEAN pour un système commercial multilatéral, ouvert et transparent dans la région et le monde. Sa croissance devrait atteindre 4,7 % en 2023 et 5 % en 2024, dépassant largement la moyenne mondiale.
L’année dernière, les échanges commerciaux du bloc ont augmenté de près de 15 % pour atteindre 3.800 milliards de dollars, tandis que les investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 5,5 % pour atteindre près de 225 milliards de dollars. L’UE a adhéré en 2012 au traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est. Le TAC est un pacte de non-agression et de coopération conclu entre les membres de l’ANASE et leurs partenaires. Il est aussi une condition préalable à la participation au Sommet de l’Asie de l’Est. Les membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est ont salué récemment la demande d’adhésion de l’Algérie à cette organisation. «Nous, les pays membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, nous nous sommes réjouis de l’adhésion prochaine de la République démocratique populaire d’Algérie» au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est, indique un communiqué final sanctionnant le 46e sommet de l’ASEAN, qui s’est tenu à Kuala Lumpur. Les pays membres ont «réaffirmé la pertinence continue du TAC en tant que code de conduite fondamental régissant les relations interétatiques dans la région, ainsi que son rôle clé dans le maintien de la paix et de la stabilité régionales» et ont encouragé les hautes parties contractantes (HPC) à «honorer leurs obligations en vertu du Traité», selon le communiqué.
Pour l’Algérie, le Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC) représente une nouvelle arène et opportunité politique afin de réaffirmer ses positions de non-alignement et de non-ingérence dans les affaires internes des pays, de lutte contre le colonialisme et de la légalité internationale, de plaidoyers en faveur de la paix et de la stabilité dans le monde, particulièrement au Moyen-Orient. En termes de coopération économique, cette annonce intervient à point nommé pour consolider les efforts de l’Algérie en pleine transformation économique, notamment avec la perspective de fructifier les échanges et les partenariats avec les États de l’Asean. Cette alliance représente pour l’Algérie une opportunité d’envergure quant à ouvrir des perspectives nouvelles et prometteuses pour le marché algérien et africain.
Pour la région d’Asie du Sud-Est, qui représente une zone économique en pleine croissance, avec un poids et une présence sur la scène géopolitique mondiale, la coopération représente une aubaine pour l’Algérie et une opportunité à saisir pour profiter d’un accès dans le marché africain. Inspirées de l’expérience européenne, les principales théories sur la coopération régionale sont d’une utilité limitée pour comprendre le succès des États faibles de l’ASEAN.
Mahmoud Tadjer
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