Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, qui appelle au «renforcement de l’organisation du secteur», a tenu à démentir la commercialisation sur le marché d’un produit contrefait, le Sintrom 4 mg. En marge de la visite qu’il a effectuée hier sur plusieurs sites industriels privés et publics de la wilaya d’Alger, le ministre a déclaré à la presse qu’aucun produit contrefait n’est présent sur le marché national du médicament. Wassim Kouidri a, en effet, expliqué que les filières de distribution du médicament sont rigoureusement contrôlées. Elles sont «exemptes de tout produit pharmaceutique contrefait», a-t-il assuré. Et la distribution du médicament Sintrom est d’autant plus aisée, ajoute le responsable, que «l’Algérie a interdit son importation dès 2023 (…)», précisant que l’Algérie dispose de «deux fabricants qui le produisent au niveau local». Pour rappel, cette «rumeur», qui a rapidement envahi les réseaux sociaux, est partie d’une note, diffusée par la presse et attribué à «la direction de la Santé de la wilaya de Tizi-Ouzou». Le texte expliquait en substance qu’une enquête était en cours sur la possible présence sur le marché de boîtes «contrefaites» et «dangereuses pour la santé» de Sintrom 4 mg. S’agissant de la tournée du ministre au niveau des principaux sites de production de médicaments de la wilaya d’Alger, elle a débuté par une visite de l’usine du laboratoire Merinal (Oued Smar).
Et au-delà des considérations techniques, l’accent a été mis sur «le développement des capacités de production» afin de couvrir la demande du marché national et d’orienter le surplus vers l’exportation. Ainsi, il est précisé que l’usine du laboratoire Merinal active depuis plus de 23 ans et est considérée aujourd’hui comme «l’un des exemples de réussite» dans ce domaine. Un communiqué de la wilaya d’Alger note en ce sens que le producteur «exporte ses produits vers 12 pays». La marque a développé une large gamme de médicaments génériques et a établi des partenariats stratégiques avec des laboratoires réputés pour le «transfert de technologies avancées». Le complexe qui s’étend sur «deux unités de production», emploie un grand nombre de diplômés issues des universités du pays, se classe même parmi les «plus grands complexes pharmaceutiques en Algérie».
Le Centre de recherche Saidal ouvert avant la fin de l’année
Et dans cette logique, la visite du ministre Wassim Kouidri a aussi mis en avant l’importance «des nouvelles technologies et de la recherche», comme la «voie à suivre» pour le développement du secteur de la production pharmaceutique. Le ministre, lors d’une halte au niveau du site du futur, le «Centre de recherche, de développement et d’innovation» du groupe national Saidal (commune de Rahmania), a promis une «ouverture du centre avant la fin de l’année en cours».
Il s’agit en effet d’un projet dont la mise en œuvre est urgente. Le lancement de ce centre, «avait enregistré plusieurs années de retard» déplore Wassim Kouidri. Et très concrètement, le ministre explique que le secteur de la production pharmaceutique est appelé à trouver de nouvelles voies de développement. Le premier responsable du secteur, à l’issue des deux premières étapes de sa visite, explique : «Nous avons atteint jusqu’à présent un taux de 80 % de production locale de médicaments (…) Il y a une saturation pour certains médicaments». Par conséquent des «efforts devront être fournis pour organiser le marché et orienter certains opérateurs vers la production de certains médicaments actuellement importés», a-t-il suggéré. Par ailleurs, lors d’un arrêt à Staouéli, au niveau de la nouvelle usine du laboratoire Hikma, une unité inaugurée à la fin du mois de juin dernier et spécialisée dans la production de «médicaments injectables», le ministre Wassim Kouidri a mis en avant la rapide progression du secteur au cours des dernières années.
Cet investissement, de 30 millions de dollars, en partenariat avec Hikma Pharma Portugal, dote en effet l’Algérie d’une «capacité de production de l’usine d’environ 10 millions d’unités par an». L’usine est même présentée comme la première du genre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour le groupe Hikma. La montée en puissance de sa production devra «réduire la facture d’importation» et notamment pour ce qui concerne les médicaments et produits d’anesthésie, les antibiotiques, ainsi que les médicaments pour le cœur et le système digestif.
Nadir K.
