Le président du tribunal correctionnel de Dar El Beida dépendant de l’autorité judiciaire la Cour d’Alger que préside a présidente Mme Guellati Douniazed a statué, jeudi dernier dans l’affaire Mohamed El Amine Belghit en le condamnant à une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’un million de dinars d’amende pour atteinte à l’unité nationale et atteinte aux symboles de l’Etat.
Par Redouane Hannachi
Le président chargé du dossier a par ailleurs préservé les droits du Trésor public qui peut se constituer partie civile à tout moment pour demander une réparation matérielle aux préjudices qui lui ont été causés. Le mis en cause a été reconnu coupable et pénalement responsable d’avoir proféré des propos jugés haineux et diffamatoires. Pour rappel, le procureur de la République a requis au cours de son réquisitoire, une peine de 7 ans de prison ferme. Le même procureur a requis une amende de 500 000 dinars à l’encontre du prévenu car il a estimé que les faits qui lui sont reprochés sont formels notamment en ce qui concerne l’intention de nuire à autrui. Le directeur général du Trésor public en l’occurrence Ould Hamrane Abdenour a, rappelons- le, demandé la préservation des droits.
Les avocats de la défense et à leur tête maitre Amara Abdelhamid ont purement et simplement sollicité la relaxe de leur client arguant que la vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux et qui a été à l’origine de la poursuite de Belghit, était incomplète. Pour l’avocat, elle devrait être suivie jusqu’à la fin estimant qu’elle a été censurée et coupée, ce qui a rendu son contenu «ambigu». Les quatre avocats de la défense ont estimé en outre que leur client n’avait nullement l’intention de nuire à quiconque. Interrogé, le mis en cause a nié tous les faits qui lui sont reprochés en déclarant : «Je suis fier d’être un Algérien. J’aime l’Algérie c’est mon pays », il a poursuivi : «Mes propos ont été mal interprétés, lorsque j’ai parlé d’émigrés, je visais les pieds-noirs, pas les Kabyles. Les Kabyles sont mes frères et mes sœurs qui ont lutté pour que l’Algérie reste et restera Le debout. Je demande pardon à tous ceux et celles qui se sentent visés par mes propos». Pour rappel, Les juges de la chambre d’accusation de la Cour d’Alger ont confirmé, récemment, l’ordonnance du juge d’instruction du tribunal de Dar El Beida relative à la mise en détention provisoire du professeur universitaire Mohamed Al Amine Belghit.
Ainsi, les magistrats chargés du dossier ont répondu favorablement au réquisitoire du procureur général près la Cour d’Alger quant au refus catégorique de la demande du collectif des avocats de la défense du mis en cause Belghit Mohamed Amine à savoir la liberté provisoire pour leur mandant. Les avocats ont estimé à travers leurs plaidoiries que leur client présente toutes les garanties stipulées par le Code de procédures pénales pour bénéficier de cette mesure. A signaler que le juge d’instruction près le tribunal de Dar El-Beida a ordonné le placement en détention provisoire du concerné, suite à ses déclarations télévisées ciblant l’identité nationale et portant atteinte aux symboles et constantes de la nation.
Ses avocats comptent introduire un appel
Dans un communiqué adressé à la presse nationale, le parquet de la République près le même tribunal avait indiqué que «conformément aux dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le parquet de la République près le tribunal de Dar El-Beida informe l’opinion publique que suite à la large diffusion sur les réseaux sociaux d’un extrait vidéo d’une interview télévisée entre une journaliste d’une chaîne dite +Sky News Arabia+ et le dénommé Belghit Mohamed Amine» le parquet lui avait reproché le fait qu’il ait déclaré que « l’amazighité serait un projet franco-sioniste». Des propos qu’ils constituent selon le parquet, «une violation des principes fondamentaux de la société algérienne, consacrés par la Constitution, et une atteinte flagrante à une composante essentielle de l’identité nationale, ainsi qu’à l’unité nationale et aux symboles et constantes de la nation ».
Le parquet de la République a vait alors ordonné, le 1 mai 2025, «l’ouverture d’une enquête préliminaire et l’arrestation du suspect». Deux jours plus tard, le 3 mai 2025, le mis en cause «a été déféré devant le parquet, qui a engagé des poursuites judiciaires à son encontre à travers l’ouverture d’une information judiciaire pour : crime d’atteinte à l’unité nationale par un acte ciblant l’unité nationale aux fins de porter atteinte aux symboles de la Nation et de la République, délit d’atteinte à l’intégrité de l’unité nationale, et délit de diffusion de discours de haine et de discrimination via les technologies de l’information et de la communication», selon la même source. A l’issue de l’interrogatoire de l’accusé, «le juge d’instruction a ordonné son placement en détention provisoire », avait précisé le communiqué.
Les avocats de la défense et à leur tête maitre Amara Abdelhamid comptent introduire un appel à la chambre pénale de la cour d’Alger au début de cette semaine pour la révision du procès et par delà la peine prononcée contre le mis en cause. Le condamné doit attendre des mois pour connaitre le sort que lui réserveront les juges chargés de traiter et juger son affaire.
R.H.
