L Afreximbank s’appuie sur l’expertise algérienne pour promouvoir le commerce et l’investissement à travers l’Afrique.
Alger accueillera, demain, un forum de haut niveau pour la promotion du commerce et de l’investissement intra-africains. Ce forum, organisé par la Banque Africaine d’Import -Export (Afreximbank), le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et la Commission de l’Union africaine (CUA), en partenariat avec le gouvernement algérien, réunira de hauts fonctionnaires gouvernementaux, des chefs d’entreprises, des investisseurs et des acteurs de la Zlecaf pour «des discussions stratégiques sur la stimulation du commerce intra-africain par l’accélération des chaînes de valeur régionales et le renforcement de la compétitivité de l’Afrique sur les marchés mondiaux».
L’événement constitue, par ailleurs, une plate pour tous les acteurs du commerce interafricain, leur permettant d’explorer les opportunités commerciales et d’investissement, de nouer des contacts avec des partenaires et de découvrir les outils de facilitation du commerce proposés par Afreximbank. Cette rencontre sera, également, une occasion pour les entreprises algériennes afin «de se connecter à un réseau d’investisseurs internationaux, d’explorer les opportunités d’exportation et de se positionner pour participer davantage au commerce intra-africain», selon le communiqué. Selon le communiqué des organisateurs, cette rencontre est le point d’orgue d’une série d’événements de grande envergure qui se sont déroulés sur les principaux marchés africains, notamment à Nairobi (Kenya), à Accra (Ghana), à Johannesburg (Afrique du Sud) et à Lagos (Nigéria).
L’IATF 2025 : un événement majeur
Ce forum s’inscrit dans le cadre de la préparation de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), prévue en Algérie du 4 au 10 septembre. Son organisation par l’Algérie avait été entérinée en novembre 2023, après l’évaluation positive faite par la Commission de l’UA, lors d’une visite de sa commission ad hoc en juin de la même année, sur les infrastructures de base adéquates pour abriter l’événement. Depuis, l’Algérie ne ménage aucun effort pour faire de cette édition la plus importante depuis son lancement en 2018 en matière de participation, d’impact, et d’accords de partenariat commercial et d’investissement devant être concrétisés.
En effet, les organisateurs tablent sur la participation de plus de 2000 exposants, venant de 140 pays et l’accueil de plus de 35000 visiteurs professionnels, avec la projection de conclure des accords commerciaux et d’investissement de plus de 44 milliards de dollars durant cette manifestation biannuelle. L’ambition affichée par l’Algérie est de marquer cette 4e édition en réaffirmant sa place en tant que locomotive du développement dans le continent et son rôle actif pour l’intégration économique africaine. Au cours des trois dernières éditions de l’IATF, plus de 100 milliards de dollars US d’accords commerciaux et d’investissement ont été conclus cumulativement avec plus de 70 000 visiteurs et plus de 4 500 exposants.
Les défis à relever
Dans son rapport 2025 sur le commerce africain, publié le 25juin dernier, l’Afreximbank indique que l’économie du continent a progressé de 3,2 %, soutenue par les prix élevés des matières premières et l’amélioration des finances publiques. Toutefois, la croissance reste inégale sur le continent. Le commerce total de marchandises de l’Afrique a, aussi, renoué avec la croissance, avec une hausse de 13,9 % en 2024, pour atteindre 1527 milliards de dollars US, après une contraction de 5,4 % en 2023. Toutefois, l’Afrique ne représente encore que 3,3% des exportations mondiales.
Le commerce intra-africain, moteur d’intégration régionale, a progressé de 12,4 %, totalisant 220,3 milliards de dollars. Mais ne représente encore que 14,4 % du commerce total du continent. Selon les chiffres, l’économie africaine reste stable. Pour autant, des défis structurels demeurent. Il s’agit d’un déficit annuel de financement du commerce estimé à 100 milliards USD, d’une dépendance persistante aux matières premières, d’une faible diversification des exportations. Face à ces contraintes, le rapport souligne l’importance de faire progresser la Zlecaf, qui est en train de servir de base à la résilience commerciale dans toute la région. Le document souligne également l’utilisation accrue du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui contribue à réduire la dépendance à l’égard des devises étrangères et à rendre le commerce transfrontalier plus efficace.
Selon le rapport, le continent doit intensifier ses efforts en s’éloignant des exportations de matières premières et en accélérant son processus d’industrialisation s’il veut améliorer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales et stimuler le commerce intra-africain.
Saïd S.
