La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a présenté, hier, devant les membres du Conseil de la Nation, le projet de loi modifiant et complétant la loi n°03-02 du 17 février 2003 régissant l’exploitation touristique des plages.
En présence du président de la Chambre haute du Parlement, Azouz Nasri, et de la ministre chargée des relations avec le Parlement, Kaouther Krikou, la première responsable du secteur du tourisme a fait savoir en préambule que «ce projet de loi viendra réglementer l’exploitation des plages, avec l’objectif de professionnaliser le secteur touristique et de lutter contre l’exploitation anarchique». Aussi, selon la ministre du tourisme et de l’artisanat, cette loi, une fois adoptée, permettra d’organiser «l’octroi des concessions touristiques, garantir l’accès gratuit aux plages et surtout assurer un aménagement adéquat des espaces balnéaires», comme cela se fait dans les pays à vocation touristique. Se voulant plus précise, Houria Meddahi, pour qui cette nouvelle loi sur l’exploitation des plages «vise à moderniser le secteur touristique», a souligné dans sa présentation que «cette révision était devenue nécessaire au regard des dysfonctionnements enregistrés dans l’application de la loi actuelle, notamment en ce qui concerne les retards dans les procédures de concession, la complexité administrative, le désengagement des opérateurs qualifiés du secteur touristique, ainsi qu’une prolifération des occupations illégales des plages».
Et d’expliquer pour étayer son argumentaire que «ces dérives ont compromis le principe fondamental de libre accès consacré par l’article 5 de la loi, pénalisant de nombreux estivants par, entre autres, l’imposition de tarifs élevés pour accéder à des espaces relevant du domaine public». C’est pourquoi, la première responsable du secteur a annoncé «une refonte complète du dispositif en axant sur la professionnalisation de la gestion touristique des plages». Aussi, selon elle, «le nouveau texte introduit l’obligation d’élaborer un plan d’aménagement pour chaque plage autorisée à la baignade». S’agissant des contrats de concession qui relevaient auparavant d’une réglementation obsolète, Houria Meddahi a révélé que «le contrat de concession n’aura plus besoin d’être approuvé réglementairement, mais simplement signé par le wali». Une fois leurs contrats signés, les opérateurs, selon la ministre, «devront désormais disposer de compétences reconnues dans le domaine du tourisme et du divertissement, ce qui permettra de garantir un service de qualité».
Sécurité assurée
Et si les appels d’offres pour les concessions des plages venaient à ne pas trouver d’opérateurs, «elles pourront être octroyées par négociation directe à des établissements publics spécialisés», a-t-elle souligné. Par ailleurs, le nouveau texte que propose la ministre du Tourisme et de l’Artisanat aux sénateurs prévoit également de «renforcer la surveillance et de lutter contre les abus». En effet, Houria Meddahi a affirmé à ce sujet que «le texte de loi prévoit la création de centres de sécurité sur les plages, le renforcement du rôle des garde-côtes avec du personnel qualifié, ainsi que l’introduction de deux nouveaux articles». Elle précise à ce propos : «L’un interdit strictement la présence de véhicules et d’embarcations hors des zones prévues dans le plan d’aménagement, et l’autre prévoit des amendes allant de 5000 à 10 000 DA en cas d’infraction».
Abordant, par la même occasion, les grandes lignes des préparatifs pour la saison estivale en cours, la ministre du secteur a indiqué que «les efforts sont portés sur la sécurisation des plages, l’amélioration des infrastructures, la lutte contre l’exploitation anarchique et une mobilisation des services concernés pour accueillir les estivants dans les meilleures conditions». L’objectif étant, selon Houria Meddahi, «d’offrir un cadre plus organisé, plus sécurisé et respectueux du droit d’accès pour tous». Pour rappel, et selon la réglementation en vigueur, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi a présenté, lundi dernier, devant la commission de la culture, de la communication, de la jeunesse et du tourisme du Conseil de la nation, ce texte de loi qui vient fixer les règles générales d’utilisation et d’exploitation touristique des plages.
Ferhat Zafane
