L’Algérie a vivement réagi, hier, aux frappes américaines ayant visé les installations nucléaires iraniennes samedi au soir.
Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines a exprimé une «vive préoccupation» et un «profond regret» face à une escalade militaire jugée dangereuse et contre-productive. Fidèle à sa ligne diplomatique, Alger réitère son attachement à une solution politique pacifique, seule capable, selon elle, de préserver la région de nouvelles tragédies. La réaction intervient dans un contexte déjà explosif au Moyen-Orient, où la situation géopolitique ne cesse de se détériorer depuis plusieurs mois. En mettant en garde contre les conséquences imprévisibles de cette nouvelle aggravation, l’Algérie se positionne une fois encore comme un acteur engagé pour la stabilité régionale. Elle rappelle qu’aucune alternative militaire ne saurait résoudre les conflits persistants dans cette partie du monde, marquée par des décennies de tensions. Le communiqué déplore que cette intervention militaire américaine survienne «dans un moment marqué par un consensus international sur la recherche de moyens pour apaiser les tensions dans la région», précisant que «l’agression israélienne contre la République islamique d’Iran a connu, hier soir, des développements d’une extrême gravité accentuant l’escalade avec les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes». L’Algérie exprime ainsi «sa vive préoccupation et son profond regret face à cette escalade, qui aggrave la situation dans la région et l’expose à des risques sans précédent aux conséquences imprévisibles». C’est cette voie, note le texte, qui a toujours été soutenue par Alger dans les différents foyers de tension du monde arabe et musulman. En soulignant «l’agression sioniste» contre la République islamique d’Iran comme élément déclencheur des frappes américaines, le communiqué désigne clairement les responsabilités perçues dans cette dangereuse spirale. Toutefois, l’Algérie ne cède pas à la logique des blocs ni à une lecture simpliste des événements. Elle plaide au contraire pour une approche globale, équilibrée et fondée sur le droit international. Alger insiste sur la nécessité urgente de se rappeler les leçons de l’histoire. «La sensibilité et la gravité de la conjoncture imposent à tous de se référer aux leçons de l’histoire de la région, qui démontre, sans le moindre doute, que les voies militaires n’ont jamais permis de résoudre les problèmes auxquels elle a été confrontée. Aussi, la priorité absolue à l’heure actuelle réside-t-elle dans le retour à l’approche la plus pacifique, la plus efficace et la moins coûteuse, l’approche politique pacifique, fondée sur les principes et les règles de la légalité internationale et la Charte des Nations unies, qui peut épargner à la région davantage de tensions et de tragédies», souligne le communiqué.
Eviter l’irréparable
Dans cette optique, l’Algérie renouvelle son appel à une désescalade immédiate et à un retour à l’esprit de la Charte des Nations unies, en tant que socle des relations internationales. Elle souligne que seule une solution politique pacifique, respectueuse des règles de la légalité internationale, peut épargner à la région des tragédies supplémentaires.
Cette position s’inscrit dans la continuité de la doctrine diplomatique algérienne, basée sur la non-ingérence, la médiation et le soutien au dialogue. Elle témoigne également de la volonté d’Alger de jouer un rôle constructif, voire de médiateur, dans les grandes crises régionales. Une posture que le pays a déjà adoptée dans le conflit sionisto-palestinien, en Libye, au Sahel ou encore dans ses relations avec l’Iran.
Alors que les regards du monde se tournent vers les conséquences des frappes contre Téhéran, l’Algérie alerte sur les risques de généralisation du conflit et la nécessité d’une action internationale responsable. Son message se veut à la fois ferme et mesuré : il est encore temps de choisir la voie de la paix. L’Algérie réaffirme également sa disposition à dialoguer avec toutes les parties concernées, estimant que la diplomatie préventive et la concertation multilatérale demeurent les piliers les plus sûrs pour écarter le spectre d’un embrasement généralisé dans la région. Elle souligne aussi l’importance de renforcer les mécanismes de sécurité collective et de coopération régionale, afin de bâtir un environnement plus résilient face aux menaces transfrontalières. À ses yeux, c’est dans l’unité et la solidarité internationale que réside la clé d’une sortie durable de la crise actuelle.
Assia M.