L’achat massif de blé par l’Algérie s’inscrit dans une stratégie globale visant à sécuriser ses approvisionnements alimentaires pour les années à venir.
L’Algérie continue d’acheter d’importantes quantités de blé pour sécuriser son approvisionnement et répondre à une consommation intérieure importante. En 2025, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a passé plusieurs appels d’offres pour l’acquisition de blé, y compris un appel d’offres pour plus d’un million de tonnes de blé meunier. Le dernier en date est intervenu jeudi dernier et concerne un achat d’environ 550.000 à 570.000 tonnes de blé meunier à l’issue d’un appel d’offres international, selon des opérateurs européens, cités par l’agence Reuters. Ces achats ont été réalisés à un prix proche de 244,50 dollars la tonne, frais de transport compris. Certains acteurs du marché ont également mentionné un prix de 245 dollars la tonne dans certaines transactions, selon la même source.
La majorité de ce blé devrait être livrée depuis la région de la mer Noire, principalement depuis la Roumanie, la Bulgarie et l’Ukraine, note Reuters, soulignant que les volumes et prix évoqués sont basés sur les données fournies par des négociants, et d’autres précisions pourraient suivre ultérieurement. Les livraisons sont prévues en deux vagues, entre le 10 et le 20 août, puis entre le 21 et le 31 août, si le blé vient d’Europe ou d’autres régions similaires. Pour le blé provenant d’Amérique du Sud ou d’Australie, les expéditions doivent être avancées d’un mois. Certains négociants estiment que les prix obtenus sont relativement bas, ce qui pourrait s’expliquer par la volonté de certains vendeurs de libérer leurs stocks avant la nouvelle récolte. «L’Algérie est un client essentiel pour le blé de l’Union européenne, notamment de la France, mais les exportateurs russes et d’autres pays de la région de la mer Noire renforcent considérablement leur présence sur le marché algérien. Selon des opérateurs, une brouille diplomatique entre la France et l’Algérie a conduit l’office céréalier à exclure tacitement le blé français et les sociétés de trading françaises de certains appels d’offres récents, les relations entre les deux pays demeurant fraîches» note l’agence Reuters. Par ailleurs, des opérateurs européens, cités par Reuters, ont indiqué, jeudi, que l’Office national des aliments de bétail (ONAB) a lancé un nouvel appel d’offres international en vue de l’achat de jusqu’à 240.000 tonnes métriques de maïs destiné à l’alimentation animale. La date limite de soumission des offres de prix dans le cadre de cet appel d’offres est également fixée au 19 juin dernier, ont-ils précisé.
Plus d’importation de blé dur et d’orge
L’Algérie se prépare à une récolte de blé exceptionnelle pour la saison 2024-2025. Les dernières pluies ont redonné vie aux sols, notamment dans le Sud, l’Est et le Centre du pays, favorisant ainsi une augmentation des superficies cultivées. Cette année, près de 150.000 hectares ont été cultivés dans le Sud, soit 40.000 hectares de plus par rapport à l’année précédente. La production nationale en blé dur attendue pour la saison en cours atteindra un volume jamais égalé. Elle permettra même une autosuffisance pour toute l’année 2026 et évitera ce faisant à ne plus recourir à son importation, a assuré, samedi dernier à Chlef, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Cherfa a déclaré que l’enjeu de la campagne labours-semailles de la saison actuelle «consiste à faire de 2025 la dernière année d’importation de blé dur et de 2026 la dernière année d’importation d’orge». Le pays a pour ambition d’augmenter sa production céréalière à 71 millions de quintaux, et la production de 2024 se situe autour de 22,2 millions de quintaux.
Le ministre a ajouté que pour l’orge, «nous avons beaucoup évolué, et nous allons pouvoir couvrir une bonne période de l’année prochaine à partir de la production nationale», assurant que la production de cette année sera «beaucoup mieux» que celle de l’année dernière, et qu’elle enregistrait une «cadence positive d’année en année». Concernant la production céréalière dans les wilayas du Sud, le ministre a fait savoir qu’une «récolte excellente» a été réalisée par le secteur, avec des rendements très prometteurs dépassant les 55 quintaux à l’hectare, et allant jusqu’à 80 qx/ha. Pour ce qui est du colza cultivé sur une superficie globale de 21.000 ha à l’échelle nationale, Cherfa a souligné que cette culture industrielle, dont les unités de trituration sont disponibles au niveau national, va «renforcer la production de l’huile de table dans le pays».
Quant au soja, emblavé sur une superficie de 100 ha comme première expérience nationale, le ministre a mis l’accent sur la nécessité de réserver plus d’exploitations agricoles pour sa culture dans le but d’arriver à une production nationale «assez confortable». Il a expliqué, dans ce contexte, que le soja «ne se cultivait pas uniquement pour sa trituration et sa transformation en huile, mais également pour fabriquer l’aliment de bétail».
M .T