Le député à l’Assemblée populaire nationale, Mohamed Mechegueg, a présenté à Rome l’expérience pionnière de l’Algérie en matière de tolérance religieuse et de défense des causes justes à travers le monde, selon un communiqué de l’Assemblée rendu public hier. Dans une intervention lors de la session plénière de la 2e conférence parlementaire sur le dialogue interreligieux, Mechegueg a mis en avant «la vision de l’Algérie fondée sur son histoire séculaire, son expérience pionnière en matière de tolérance religieuse, ainsi que sur une législation garantissant les libertés, tout en défendant les causes justes, au premier rang desquelles figure la cause palestinienne». Il a souligné que «l’Algérie n’a jamais été étrangère à la culture de la tolérance», ajoutant qu’elle «a, à travers les âges, été une terre de rencontre entre les religions», citant à cet effet «la présence de la cathédrale Saint-Augustin à Annaba» et évoquant «la figure de l’émir Abdelkader, qui a sauvé des centaines de vies chrétiennes et juives à Damas, devenant ainsi un symbole de conscience humaine et de droit international humanitaire».
Le député a rappelé que cet héritage civilisationnel «n’est pas resté confiné à la mémoire, mais s’est traduit dans la Constitution algérienne», mentionnant à ce propos l’article 51 qui «garantit la liberté de culte et protège les lieux de culte de toute instrumentalisation politique». Mechegueg a ajouté, à cette occasion, que l’Algérie «ne s’est pas contentée de reconnaître officiellement la liberté de culte des non-musulmans, mais a mis en place une commission nationale dédiée aux cultes non musulmans, chargée de leurs affaires, de la gestion de leurs lieux de culte, de l’approbation de la restauration de leurs églises, de l’organisation de leurs cimetières et de la facilitation de l’entrée de leurs représentants religieux». Il a également évoqué la loi n° 20-05 de 2020 relative à la lutte contre les discours de haine et de discrimination, qui a institué un Observatoire national chargé du suivi et de la lutte contre ces pratiques. Par ailleurs, le parlementaire a mis en garde contre «la recrudescence des violations internationales qui sapent les fondements de la compréhension entre les religions et les cultures», ainsi que contre «l’instrumentalisation de la religion et de l’identité pour justifier la violence, la répression et la discrimination», citant la situation à Ghaza et dans les territoires occupés, qui est devenue une blessure ouverte dans la conscience mondiale.
Réaffirmant l’engagement de l’Algérie, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à «rester une voix pour une paix juste, un espace de coexistence et de liberté, et un acteur actif dans la construction d’un monde fondé sur l’équité et la dignité», Mechegueg a appelé à «concrétiser ce dialogue à travers des lois protégeant les personnes, des institutions garantes des droits, et des consciences vives défendant la dignité».
À noter que la conférence a été marquée par la présence de la présidente de l’Union interparlementaire, du président de la Chambre des députés italienne, du président du Sénat italien, ainsi que de nombreuses délégations parlementaires et religieuses venues du monde entier. La rencontre a été organisée par l’Union interparlementaire (UIP) en partenariat avec le Parlement italien, et avec l’appui de l’organisation «Religions for Peace».
R.N.