Initialement prévue pour janvier 2025, la mise en œuvre de la décision présidentielle tarde à se concrétiser, suscitant la frustration des citoyens et les questions des députés.
Qui est responsable du retard dans l’application de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’augmenter le montant de l’allocation touristique à 750 euros ? Six mois après la décision prise lors d’un Conseil des ministres en décembre 2024, sa mise en œuvre demeure incertaine. Le flou persiste, suscitant les interrogations des citoyens et les questions des députés quant à la date de son application effective.
En réponse à une question orale posée par la députée Nada Djeradji, lors d’une session plénière de l’Assemblée populaire nationale ce jeudi, le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred a précisé que la mise en œuvre de cette décision relève de la compétence de la Banque d’Algérie et non de son ministère. Selon le premier argentier du pays, son département s’est uniquement chargé de préparer les conditions matérielles au niveau des points de passage (aéroports, ports, postes frontaliers), en coordination avec l’administration des douanes, en attendant l’entrée en vigueur de la mesure par l’institution habilitée. Dans sa réponse, le ministre a insisté sur le fait que son ministère a rempli ses engagements, en installant des guichets dédiés au niveau des aéroports, ports et frontières terrestres, pour permettre l’application de la prime touristique dès son activation. Il a ajouté que le ministère attend désormais que la Banque d’Algérie entame les procédures techniques et organisationnelles nécessaires à la mise en œuvre de la décision, en espérant une application dans les plus brefs délais. Initialement prévue pour janvier 2025, la mise en application de la décision présidentielle tarde à se concrétiser, suscitant la frustration des citoyens qui espéraient en bénéficier pendant les vacances. Il en va de même pour les députés qui interpellent le ministre des Finances à chaque séance plénière sur les raisons de ce report, soulignant le caractère présidentiel de la décision et son importance sociale et économique.
Pour l’heure, les citoyens sont dans l’attente d’une décision claire des autorités compétentes, précisant la date de la mise en œuvre effective de cette prime tant attendue, notamment la publication du décret d’application.
Plus de 500 milliards de DZD de dépôts
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a révélé que les ressources financières déposées dans les comptes de la finance islamique ont atteint 506 milliards de dinars algériens (DZD), soulignant qu’une grande partie de ces fonds a été utilisée pour le financement de projets. Répondant aux questions des membres de l’APN, le ministre a qualifié ce montant d’important, précisant que 437 milliards de DZD ont été alloués au financement de projets et d’opérations commerciales.
Le ministre a passé en revue les différentes mesures prises ces dernières années en faveur de la finance islamique, affirmant que l’Algérie a réalisé des progrès significatifs dans ce domaine. Il a ajouté que le pays compte désormais 12 banques actives dans ce secteur, dont deux banques spécialisées exclusivement dans la finance islamique, sur un total de 20 banques opérant à l’échelle nationale.
Dans ce même contexte, le ministre a rappelé que ses services «envisagent la création d’une banque publique spécialisée dans la finance islamique», ajoutant que le lancement de l’émission de sukuks souverains à l’avenir, ainsi que la création de compagnies d’assurances takaful, permettraient de compléter l’offre des opérations bancaires selon le modèle islamique.
Concernant une question relative à la lutte contre le blanchiment d’argent, le ministre a insisté sur l’engagement de l’Algérie à respecter les normes internationales, rappelant les nombreuses mesures prises ces dernières années, notamment la création en 2020 d’un Comité national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de lutte contre les armes de destruction massive.
Ce comité a permis de répondre aux recommandations et réserves émises dans le rapport d’évaluation mutuelle du Groupe d’action financière (GAFI) pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, et a également participé à la rédaction d’un rapport national qui sera prochainement soumis au GAFI.
R.N.