Au-delà de la seule opération militaire, le conflit opposant l’Iran à l’entité sioniste se joue, également, sur le plan de la propagande. Au 3e jour du conflit, dix personnes sont mortes et plus de 200 blessées dans la région de Tel-Aviv et à Tamra, en Haute-Galilée, selon les services de secours.
Ce nouveau bilan porte à 13 le nombre total de morts depuis vendredi. En Iran, les attaques sionistes ont fait au moins 78 morts et plus de 320 blessés depuis vendredi, selon les autorités. Entre-temps, l’armée de l’entité sioniste a annoncé dimanche avoir intercepté des drones iraniens lancés en direction de son territoire, tout en se targuant d’avoir frappé «plus de 80 objectifs» à Téhéran lors de raids aériens nocturnes ayant mobilisé «une cinquantaine d’avions de combat». Des informations données par les médias de l’entité sioniste destinées, principalement, à l´opinion locale et aux alliés. Des annonces relevant davantage de la guerre psychologique. En effet, des vidéos des bombardements de l’entité sioniste en Iran ont inondé les réseaux sociaux dans la nuit du 12 au 13 juin. «A Téhéran, Natanz ou Kermanshah, les vidéos montrent des explosions et des panaches de fumées. Elles ont touché des cibles militaires, nucléaires, des responsables de l’armée, des scientifiques et des civils», se réjouit le quotidien français «Le Monde» qui affirme leur «authenticité».
Aussi, il n’y a pas lieu de s’étonner de découvrir une autre réalité sur le terrain. En parallèle, les médias iraniens rapportent que plusieurs villes de l’entité sioniste ont été la cible d’une offensive de grande envergure menée par l’Iran en deux vagues successives. Des frappes ayant, notamment, visé Tel-Aviv, Rehovot, Bat Yam et Haïfa, causant d’importants dégâts matériels, en particulier à Bat Yam, au sud de Tel-Aviv, où plusieurs immeubles résidentiels et infrastructures ont été lourdement endommagés. Ainsi, chacun y va de son bilan et de ses communiqués de presse. L’information réelle étant «circonscrite» aux seules besoins de rallier l’opinion publique à sa cause. Dans cette guerre de propagande, Chypre, allié de l’entité sioniste, s’est lancé dans le jeu. En effet, le président chypriote, Nikos Christodoulides, a avancé que Téhéran avait demandé à Nicosie de transmettre «certains messages» à l’entité sioniste. Une manière pour Nicosie de s’affirmer comme médiateur crédible. Une information démentie par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei.
«L’attaque de l’entité sioniste sur l’Iran s’est appuyée, affirment des analystes occidentaux, sur un méticuleux travail du Mossad, le service de renseignement extérieur de l’entité sioniste, «capable depuis des années d’infiltrer le pouvoir de la République islamique d’Iran». En réponse, deux «membres de l’équipe terroriste du Mossad qui fabriquaient des bombes, des explosifs, des pièges explosifs et de l’équipement électronique ont été arrêtés» dans la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran, a rapporté dimanche l’agence de presse iranienne Tasnim, en citant un porte-parole de la police. Or, la guerre des «mots» fait craindre le pire. «L’Iran paiera un prix très lourd pour le meurtre prémédité de civils, femmes et enfants», menace le Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Netanyahu, lors d’une visite à Bat Yam, ville au sud de Tel-Aviv touchée par les tirs de missiles iraniens, dans un message vidéo diffusé par son bureau. Tandis que le Secrétaire général des Brigades du Hezbollah irakien, l’une des plus importantes milices pro-iraniennes d’Irak, a déclaré que «l’Iran n’a pas besoin du soutien militaire de quiconque pour dissuader l’entité sioniste». Abu Hussein al-Hamidawi a averti que si les États-Unis intervenaient dans le conflit entre l’Iran et l’entité sioniste, sa milice ciblerait directement les intérêts et bases américaines dans la région.
Cependant, la propagande et le travail psychologique auxquels se livrent les deux belligérants sont doublés d´actions militaires de plus en plus rudes sur le terrain. En somme, on assiste à un déluge d’infos contre un déluge de feu. Rien de surprenant dans une phase aussi délicate, où les canaux officieux et démentis officiels coexistent souvent dans les jeux de communication diplomatique.
Badis B.