Dans une atmosphère empreinte de solidarité et de responsabilité citoyenne, le Centre international de presse (CIP) d’Alger s’est transformé, hier, en lieu de solidarité.
À l’occasion de la campagne nationale de don de sang, l’Agence nationale du sang (ANS), en coordination avec l’Organisation nationale des journalistes algériens (ONJA), a organisé une opération de don de sang d’une portée symbolique forte, à la veille de la Journée mondiale des donneurs de sang. Cette initiative, réunissant des journalistes de différents horizons – presse écrite, radio, télévision et médias numériques – s’inscrit dans une double dynamique : répondre aux besoins croissants en produits sanguins dans les hôpitaux algériens et promouvoir une culture du don régulier et volontaire. L’appel lancé par l’ONJA à l’ensemble des professionnels de l’information à participer activement à cette campagne a été suivi. L’objectif : incarner l’esprit de solidarité nationale et faire du don de sang un geste citoyen, mais aussi médiatiser l’événement afin de sensibiliser le plus grand nombre de donneurs potentiels. En effet, les organisateurs ont souligné que cette campagne de don de sang n’est pas qu’une simple opération de collecte, mais une action de sensibilisation profonde, visant à changer durablement les comportements. Il s’agit d’expliquer les conditions du don, les contre-indications, les étapes du prélèvement, et de corriger les idées reçues qui freinent encore de nombreux Algériens. «Nous voulons faire du don de sang une habitude, pas une réaction ponctuelle à une crise», explique Dr. Leila K., médecin en transfusion. «Il faut dédramatiser l’acte et déconstruire les mythes, comme ceux qui disent que ça affaiblit ou que c’est douloureux».
Une nécessité vitale pour le système de santé
Le besoin est réel et croissant. Selon les données de l’Agence nationale du sang, 721 716 poches de sang ont été collectées en 2024, soit une augmentation de 6,62 % par rapport à 2023. Une amélioration notable, mais encore insuffisante pour répondre à toutes les demandes médicales. Sur les 866 000 donneurs enregistrés, seuls 56 % étaient des volontaires. Le reste a donné pour un proche, ce qui souligne l’importance de multiplier les campagnes de sensibilisation pour faire du don volontaire et régulier une norme. Autre constat : 88 % des donneurs sont des hommes, preuve qu’il reste des marges à explorer pour élargir la base des donneurs. L’ANS et ses partenaires (structures de santé, associations, institutions publiques et privées) mèneront tout au long de la semaine une série d’activités à travers le pays.
L’espoir est qu’à travers ces actions continues, le don de sang devienne une habitude ancrée dans la conscience collective, à la fois saine, humanitaire et salvatrice. Rappelons que pour être donneur, il faut être âgé de 18 à 65 ans, en bonne santé et peser au moins 50 kg. Un homme peut donner son sang jusqu’à quatre fois par an, une femme jusqu’à trois fois, avec un intervalle de deux mois entre chaque don. Il est à noter que plusieurs campagnes de don de sang ont été lancées à travers différentes wilayas du pays, notamment à Tipasa, Mila, Guelma, Constantine, et bien d’autres régions. Cette mobilisation nationale vise à renforcer les stocks de sang et à répondre aux besoins croissants des établissements de santé, notamment durant la saison estivale. Ces campagnes ont vu la participation active de nombreuses institutions de santé à travers le territoire national, qui ont mis à disposition leurs structures et leurs équipes médicales pour accueillir les donneurs dans les meilleures conditions.
Mobilisation générale
Au-delà du secteur de la santé, plusieurs entreprises et organismes se sont également impliqués dans cette action citoyenne. Parmi eux, Algérie Télécom a apporté un soutien significatif à cette initiative en facilitant la sensibilisation de ses employés et du grand public, tout comme le Croissant rouge algérien (CRA) qui mène plusieurs actions de sensibilisation au don de sang tout au long de l’année. L’Association des Pharmaciens Algériens s’est également jointe à cet élan de solidarité, en mobilisant ses membres et en participant à l’organisation des collectes. Sous le slogan, «Un Pharmacien, un donneur de sang», cette initiative, «permettra de constituer une base de données de donneurs pharmaciens», explique l’association précisant que la basse de données sera «mise à la disposition des services de l’Agence nationale du sang, aux établissements hospitaliers ainsi qu’aux plateformes de bénévolat spécialisés».
A cette occasion, l’association a appelé l’ensemble des pharmaciens «à se mobiliser massivement et à donner l’exemple en participant à cette initiative solidaire». L’Observatoire national de la société civile (ONSC) a pour sa part procédé hier au lancement d’une plateforme numérique pour les donneurs de sang. Elle permet selon sa présidente, Mme Ibtissam Hamlaoui, de «répertorier les donneurs de sang de façon régulière, notamment dans les wilayas disposant de centres anti-cancer et connaissant une forte demande en plaquettes» et elle comprend «des données sur le nombre de donneurs de sang dans chaque wilaya, y compris leurs numéros de téléphone et leurs groupes sanguins » et sera «mise à la disposition des services hospitaliers».
Alors que les besoins en sang restent permanents et que chaque don peut sauver jusqu’à trois vies, cette campagne nationale et la mobilisation des différentes catégories rappellent une vérité essentielle : la santé publique est l’affaire de tous.
Islam K.